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Homélies du Père Dominique

En cours …

Homélies du père philippe

Dimanche 28 juillet 2019 

17° dimanche du temps ordinaire

année C 

Luc 11,1-13

                                                                       L’Évangile selon saint Luc, nous présente une version light de la prière du notre Père, que nous récitons par cœur et qui est la version selon saint Matthieu. Cela pourrait venir d’une différence très ancienne de la liturgie primitive. Mais il nous faut souligner que c’est Luc, qui parle le plus de la prière : « un jour Jésus était en prière » et suite à cet enseignement, Jésus insiste sur la prière de demande et au chapitre 18 il nous rapportera une parabole de Jésus illustrant qu’il faut toujours prier sans se lasser.

            « Seigneur apprends-nous à prier ». Quand tu es allé voir ton assurance, suite aux dégâts de la grêle, tu réclamais ton dû, tu étais dans l’ordre du droit. Mais quand tu demandes un voisin de te dépanner, tu n’es plus dans l’ordre de la justice, tu fais appel à sa bonté. Tu le pries ! Tu entres dans le registre de l’amitié.

            « Seigneur apprend-moi prier » ! Dieu ne nous doit rien, mais nous savons qu’il nous aime. Le prier, c’est entrer dans le registre de l’amour libre et gratuit. Mais tous, nous avons prié et nous n’avons pas toujours reçu ce que nous avons demandé. Suite à l’orage de grêle, alors que je sirotais un café au bistrot, un homme s’est assis à ma table et m’a dit : « vous n’avez pas prié comme il faut » ! Cela signifierait-il que Dieu nous a abandonné à nos propres forces ? Et finalement qu’il ne nous aime pas vraiment ? La vraie vie est celle de notre quotidien où nous nous faisons du souci pour notre santé, pour l’avenir de nos proches. Dieu nous rejoint-t-il dans la vraie vie ? « Demandez et vous recevrez », dit Jésus.

Mais en Syrie, est-il possible de demander du pain au soldat, qui pointe son arme en votre direction ? Nous étions à Lourdes, au début du mois. Les malades qui nous accompagnaient n’ont pas été guéris ! Comme Jésus à Gethsémani, qui disait : « Père que ce calice s’éloigne loin de moi » !

D’autre part, la prière de demande a une dimension politique ! Pouvons-nous honnêtement nous réclamer fils du père de Jésus, quand on rouspète contre les migrants, alors que leur recherche d’un havre de paix chez nous est le signe du passage de Dieu : « j’étais étranger et vous m’avez accueilli » ! Que faisons-nous avec les mal-logés, dans les immeubles de Romans qui s’écroulent ? Le règne de Dieu est tout proche de vous disait Jésus un jour. Nous sommes un peuple démocratique et nous savons que les attentes des citoyens modifient le comportement des élus ! Il est bon de réciter le chapelet et de faire des neuvaines ; mais cela ne permettra pas à toute notre vie de devenir prière ! Toute notre vie devient prière quand nos actes quotidiens correspondent à ce que nous demandons dans la prière et ce n’est pas pour rien que Jésus nous dit : : « Quand vous priez, dites : notre Père ».

Seigneur, tu me dis aujourd’hui, qu’avec le père, tu nous combleras de l’Esprit Saint
Par ton esprit, donne-nous la force de ne pas douter de l’amour de Dieu.
Vient mettre en nous le pardon que nous avons à partager autour de nous.
Que ton esprit ouvre nos yeux et nous te verrons agir dans notre monde…

Dimanche 14 juillet 2019

15° dimanche du temps  ordinaire C

Luc 10,25-37.

                        Comme bien souvent à travers l’Évangile, aujourd’hui Jésus, avec cette parabole, nous parle de lui-même. Il est celui qui se rend proche de toute personne en détresse. Il a touché des malades, des paralysés, des exclus, pardonné à la Samaritaine, s’invitant même chez les républicains et les pécheurs. Et Jésus dit à ce docteur de la loi : « va et toi aussi, fait de même », comme il dira à ses apôtres le jeudi saint : « faites ceci en mémoire de moi » !

            Dans la vraie vie, on déplore souvent le manque de proximité vécue. Dans les administrations, tu prends un numéro en entrant et, que tu sois homme ou femme, on t’appelle : le 62, le 59 ! Dans les hôpitaux, quand ils parlent de toi, ils disent : le cardiaque, le dialysé, etc. Où est passée la personne à part entière ? Mais ne leur jetons pas la pierre, car nous ne sommes pas tellement différents. Nos relations, avec celles et ceux qui croisent notre route, ne sont pas toujours de qualité…

« Qui est le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Qui a vécu la proximité avec cet homme dans le besoin ? Un appartement est en feu. Les pompiers s’affairent, les badauds regardent, quand un homme sort de la foule, escalade l’immeuble et sauve un enfant de l’appartement en flamme. Pour récompenser le geste héroïque de ce migrant, l’État français lui a donné la nationalité. On est en plein dans la parabole de Jésus. Et pourtant c’est la vraie vie ! Il n’y a pas si longtemps, le pape François s’est rendu à Lampedusa, petite île italienne où s’échouent de nombreux immigrés africains, fuyant la pauvreté et la guerre. Et ce jour-là, il nous interpelle tous : « j’ai senti que je devais venir ici aujourd’hui, pour prier, pour accomplir un geste de proximité ; mais aussi réveiller nos consciences, afin que ce qui est arrivé ne se répète pas, ne se répète pas, s’il vous plaît… Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle…, nous sommes tombés dans l’attitude hypocrite du prêtre et du serviteur de l’autel, dont parle la parabole… Nous pensons peut-être : « Ah, le pauvre » ! Nous continuons notre route, … nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence… »

            C’est à chacun de nous que le Seigneur et le pape François s’adresse aujourd’hui. J’étais très peiné, quant à la mi-mai, j’ai découvert le nouveau « guide » de notre paroisse. Il est magnifique : en couleur, illustré de nombreuses photos. On y présente tout ce qui peut aider les paroissiens à retrouver le goût de la prière personnelle et communautaire. On y présente tout ce qui existe en rapport à l’enseignement et la catéchèse chrétienne. Mais, où est passé le service de la charité, que toute paroisse catholique a le devoir de promouvoir ? Rien sur la plaquette ! Et pourtant les hommes et les femmes blessées ne manquent pas dans notre ville et nos villages et la plupart ne participent pas à nos célébrations dominicales. Ou vont-ils pouvoir trouver un nom et un numéro de téléphone pour rejoindre le secours catholique, l’œuvre de Saint-Vincent-de-Paul, le CCFD ? Ou vont-ils pouvoir s’adresser quand il souffre d’un deuil ? Comment sauront-ils que « Espérance et Vie » leur permet de rencontrer d’autres veufs et veuves et de se réconforter ensembles ? Comment sera connu Astir, qui accompagne les migrants dans leur démarche et les familles françaises qui leur viennent en aide ?

            En Matthieu 25, Jésus nous parle du jugement dernier. Il porte tout entier sur notre proximité avec les souffrants. « J’avais faim, j’étais malade, j’étais nu, j’étais étranger… et vous m’avez accueilli » ! Alors, frères et sœurs, réveillons notre paroisse. C’est à chacun de nous que Jésus dit : Va et fait de même. Oui, faites ceci en mémoire de moi… Le pape François nous dit : « Je vois l’église, comme un hôpital de campagne ». Khalil Gibran, dans son livre : « le Prophète », écrit : « Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion… Si vous voulez connaître Dieu, ne soyez pas préoccupés de résoudre des énigmes. Regardez plutôt autour de vous… »

Dimanche 7 juillet

Tout d’abord, éliminer une tentation ! « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers… », dit Jésus. Certes, il nous faut prier pour les vocations ; mais la tentation est grande de penser que ces ouvriers doivent être prêtres, missionnaires, religieux consacrés. En Luc : 9,1–6, Jésus avait envoyé les 12 apôtres en mission. Aujourd’hui, au chapitre 10, il envoie 72 disciples en mission. C’est 6 × 12 ! C’est donc les 12 multipliés par la plénitude : six étant le nombre de jours ou là création a été achevée. 12, comme les 12 tribus d’Israël et 72 comme les 72 peuples du monde entier, dont parle le livre de la genèse… C’est-à-dire que la mission devient le fait de tous.            

« Il les envois 2 par 2 » ! Un seul témoin peut être considéré comme un gourou ! 2, c’est le début de la vie communautaire, c’est déjà l’Eglise, comme les disciples d’Emmaüs au soir de Pâques. Et Jésus les envois « dans toutes les localités où lui-même devait aller ». « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu de », avait-il dit.

« Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » ! Ça veut dire que le témoignage de foi est risqué. Dans ce monde ultralibéral, où l’argent gouverne tout, l’homme est souvent un loup pour l’homme. Il nous envoie comme l’Agneau Pascal, qui donne sa vie. Avec délicatesse et bienveillance, nous sommes invités à imiter Jésus.

            « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales », dit Jésus. Oui, « bienheureux les pauvres », avait dit Jésus sur le monde des Béatitudes. La foi ne s’impose pas, on peut tout au plus en parler, la proposer et surtout en vivre, en l’insérant au plus intime de nos journées. C’est Dieu qui travaille les cœurs. Bernadette de Lourdes disait : « Je ne suis pas chargée de vous convaincre, mais de vous dire » …

            La mission des 72 va être semblable à celle des 12. Ils vont annoncer le Règne de Dieu, comme les 12 expulser les esprits mauvais… Mais ils sont envoyés sans chaussures, alors que les 12 sont des sandales aux pieds ! Et cela, parce qu’ils n’auront pas de kilomètres à parcourir, comme les 12, qui passent de communauté en communauté. Ils sont envoyés là où la vie les a placés.

            « Dans toute maison vous entrerez, dites d’abord : Paix à cette maison ». C’est ce que nous rappelle notre évêque, qui ouvre chacune de nos célébrations, en disant : « la Paix soit avec vous ». La paix, c’est un don de Dieu, qui nous transforme et nous donne la capacité d’entrer en communion avec les autres. N’hésitons pas à venir recevoir cette Paix de Dieu, par les autres, à chaque eucharistie. Elle nous ouvrira le temps présent. Nous goûterons l’instant présent, dans la pauvreté d’une vie reçue. Et nous pourrons alors la partager avec tous ceux qui croisent notre route.

                                    Si nous vivons tout cela, c’est comme si nous disions : « Le Règne de Dieu est tout proche de vous », dit Jésus.

Dimanche 30 juin 2019

                        J’ai envie de vous dire : bonnes vacances ! Mais qui ne part pas ? « Mon père travaille toujours », disait Jésus. Dieu ne laisse pas son poste vacant ! Et de plus, il appelle à sa mission ! Est-ce bien raisonnable cet appel à l’embauche, en cette fin d’année pastorale, où nous ressentons le besoin de souffler un peu ? Pourtant une page d’Évangile nous relate que Jésus, voyant ses apôtres fatigués, leur dit un jour : « Venez vous reposer un peu » … Mais la suite de l’Évangile nous dira, que ce repos ne fut que de courte durée, car la foule, en quête d’un berger, afflue et il faudra les enseigner et leur donner à manger…

Cet appel à sa suite, Jésus nous le relance au début de ce temps de relâche, où la majorité d’entre nous se libèrent de leurs activités habituelles, pour vivre autrement en prenant un bon temps choisi, en accueillant les petits-enfants, etc.… Mais pour Jésus, il n’est pas question de mettre au clou, la croix dont tu as été marqué le jour de ton baptême !

            J’en ai fait l’expérience pendant la cure de trois semaines qu’on m’avait prescrite pour me soigner. Un jour, pour le dernier soin de la matinée, j’étais dans une étuve, dont seule ma tête dépassait. Je n’avais pas de clergyman, pas de croix en travers de la gorge. J’en profitais pour fermer les yeux et prier… Puis au bout d’un moment j’ai senti une présence. J’ouvris les yeux : l’infirmière était là. Elle me dit : « vous êtes prêtre » ? Je répondis : oui. Comment l’avait-elle su ? Rien dans mon dossier médical ne le mentionnait. Peut-être avait-elle senti, que de ce temps contraint, je faisais un espace habité… Et elle me raconta son malheur. Son fils était mort et elle en souffrait beaucoup. Elle voulait que je prie pour elle… Puis je ne l’ai plus revue, dans les jours qui ont suivi. Même le petit « sous pape » que j’étais ne pouvais pas mettre sa croix au clou pendant trois semaines ! Voilà à quoi nous appelle Jésus pour ces mois d’été que nous entamons…

                                    A celui ou celle qui veut le suivre, Jésus répond : « le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ». Ou bien : « laisse les morts enterraient les morts ». Ou bien encore : « celui qui regarde en arrière après avoir mis les mains la charrue, n’est pas digne du Royaume de Dieu » … Etrange façon de faire la promotion, pour une place à ses côtés ! Jésus ne veut pas nous dicter des conduites pratiques. Toute sa prédication à travers l’Évangile n’a été jusque-là que promesse de bonheur. Mais Jésus sait que nous sommes durs à nous mettre en route et que souvent, comme dans la parabole du semeur, nous laissons les oiseaux ou les ronces enlever ou envahir la graine de bonne volonté, qui nous avait fait choisir Jésus comme compagnon de route.

            Son moi, vous ne pouvez rien faire, dit Jésus, comme il l’avait déjà dit avec la parabole des sarments attachés au cep de vigne…

                                    Marcher à sa suite, c’est se laissé toucher par les sans voix, les migrants, les souffrants, les endeuillées… On a trop tendance à penser : il n’y a pas le feu et à remettre à plus tard ! Si je ne suis pas Jésus, même en ce temps d’été, il m’aura distancé et en août ou septembre je ne serai plus en compagnons de route…

            Oui Seigneur, pose ta main sur chacun d’entre nous et sur nos communautés, que nous devenions toujours plus des fidèles passionnés de l’Amour qui est en Toi.

Dimanche 23 Juin – Fête du Saint Sacrement

Il y a quelque temps, je rencontrais des « électro sensible ». Ce sont des personnes, qui deviennent malades, quand elles sont exposées aux ondes électromagnétiques libérées par tous nos appareils connectés. Cette maladie est aujourd’hui reconnue par la médecine. Alors ils ne peuvent plus fréquenter nos bâtiments église où tout est connecté à l’électricité et/ou les pratiquants n’éteignent pas le wi-fi de leurs téléphones portables… Et ces personnes disaient : « nous avons faim de messe » !

J’ai été très touché par cette demande sincère. Et je me disais alors : le SaintSacrement devient-t-il uniquement réservé aux biens portants ? Qu’en pense le Christ, qui nous a laissé ce sacrement, pour que « tous soient rassasiés », comme disait l’Évangile que nous venons d’entendre ? 

 « Nous avons faim de messe » ! Et je suis très triste de voir et entendre, qu’en même temps, des chrétiens s’installent dans l’anorexie, en invoquant mille raisons pour ne plus venir régulièrement à l’eucharistie… Serait-ce qu’on a perdu le sens de ce sacrement que le Christ nous a laissé en héritage ?    L’eucharistie est une action de grâces au seigneur qui nous assure de sa présence réelle, sous les espèces du pain et du vin consacrés. L’eucharistie, c’est le jeudi saint qui se perpétue dans le monde, jusqu’à la fin des temps. Elle manifeste la générosité du cœur de Jésus, qui pour aller jusqu’au bout de l’amour, nous invite à communier à son dynamisme, alors que nous traversons les épreuves de la vie. En dehors de lui, nous sommes comme des sarments secs, qui ne peuvent porter du fruit. « Prenez et mangez », dit Jésus. C’est sa vie que nous recevons pour la faire nôtre. 

 Il y a une continuité entre la multiplication des pains et l’eucharistie, que nous célébrons. « Donner leur vous-même à manger », dit Jésus. Jésus se donne des collaborateurs pour continuer et répandre son geste. Le prêtre aujourd’hui distribue une nourriture qu’il n’a pas créée et qui le dépasse et cela pour tous ceux qui en ont faim, car disait Jésus : « l’homme ne vit pas seulement de pain ». 

 « Tous mangeaient à leur faim », note l’Évangile. C’est le souhait, qui doit habiter chacun de nous. Le Christ se fait « pain de vie » pour rassasier tout être humain d’amour et de lumière, pour que chacun puisse tenir dans l’espérance et devenir un être de bonté, de compassion et de service. 

 Mais le Christ ne se substitue pas à nos solidarités. Il vient seulement appuyer nos efforts. Il peut faire beaucoup avec mêmes les plus petites solidarités. Il nous le montre aujourd’hui, avec les cinq pains et deux poissons qu’on lui offre. 

 Jusqu’où peut aller notre solidarité ? S’il ne sert à rien de manger un bon repas à l’attention d’un anorexique, avec le don de Dieu, tout est possible ! Quand j’étais en formation, un ami séminariste italien, recevait des intentions de messe, avec cette notation : « Communiez à la messe pour moi » … Avec Dieu, tout est possible ! C’est cela les « intentions de messe », que nous apportons prêtre, qui célèbre l’eucharistie… « Et tous furent rassasiés », note l’Évangile ! 

16 Juin 2019

Nous fêtons aujourd’hui la Sainte Trinité. Nous en vivons, sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ! Toutes nos prières commencent par un signe de la croix : « au nom du Père, du fils et du Saint Esprit ». Voilà un hommage à la Sainte Trinité ! Et toutes les oraisons du prêtre à la messe, s’adressent au Père, « par Jésus Christ ton fils, qui vit et règne avec toi dans le Saint Esprit ». Il n’y a pas de prière chrétienne, sans la mention trinitaire…C’est ce que contestent les musulmans, qui refusent que le fils et l’Esprit Saint soient Dieu. C’est ce que contestent les juifs, qui confessent le père comme Dieu, l’esprit comme Dieu agissant au cœur de l’homme, mais refuse que le fils Jésus soit Dieu, égal au Père et à l’esprit… Dans les religions monothéistes, le christianisme se démarque !   

Une petite histoire, pas forcément vraie mais qui est intelligente […]

Un jour, un aumônier de la marine se risque à expliquer la Trinité. Il parle longuement de Dieu le Père, de son fils Jésus Christ et de l’Esprit Saint, comme trois personnes qui ne font qu’un. Un marin lui coupe la parole : Vous ne me ferez jamais croire que 1 + 1 + 1 égale 1 ! Ça donne trois ! L’aumônier répondit : je ne te demande pas d’additionner, mais de multiplier… Peu importe si c’est moi qui fais exister cet aumônier et ce marin ! L’important, c’est de comprendre que Dieu est amour et qu’il multiplie pour nous ses formes de présence comme un don merveilleux à l’homme. La fête de la Sainte Trinité nous invite à contempler la vie divine du Père, du fils et du Saint Esprit : une vie de communion et d’amour parfait. Saint Augustin disait : « Le père est notre créateur, le Fils est notre rédempteur et le Saint Esprit et notre conducteur ». Et le curé d’ars se disait : « Le fils et l’Esprit sont comme deux mains, par lesquelles Dieu façonne le monde et son histoire ».    Le pape François, dans une allocution sur la Sainte Trinité, disait qu’on pouvait y reconnaître « le modèle de l’Eglise ». À l’image de la Sainte Trinité, l’amour dont nous vivons en Eglise est le signe concret, qui manifeste notre foi au Père, au Fils et au Saint Esprit. Jésus avait dit un jour : (Jean12,35) « A ceci, on vous reconnaîtra pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres ». C’est l’Esprit qui, en nous communiquant la vie divine, nous fait entrer dans le dynamisme de la Trinité, qui est un dynamisme d’amour, de communion, de service réciproque, de partage », dit le pape François et il ajoute : « Une famille où l’on s’aime et où l’on s’aide mutuellement est un reflet de la Trinité. Une paroisse où l’on s’aime et où l’on partage les biens spirituels et matériel est un reflet de la Trinité ».  Alors, aujourd’hui, reprenons notre souffle, celui de l’Esprit Saint, présent en nous et autour de nous… Notre vie quotidienne y retrouvera couleurs et saveurs… 

                                                        PASTEUR J.-C. BASSET

 Message de Pentecôte pour le baptême de Lyna

9 juin

 

Introduction

Quelle belle occasion que la célébration d’un baptême, celui de la petite Lyna, lors de la fête de Pentecôte, à laquelle vous avez donné une dimension œcuménique, en m’invitant à y prendre part. Pentecôte, c’est la fête de l’Esprit de Dieu et c’est précisément l’Esprit qui est le lien naturel avec le baptême.

L’Esprit méconnu

A dire vrai, en dehors de Pentecôte et des chrétiens que l’on appelle précisément pentecôtistes ou charismatiques, on n’accorde guère d’importance à l’Esprit Saint. Prenez l’exemple du symbole des Apôtres où l’on récite cette phrase : « Je crois en l’Esprit Saint » sans autre contenu, alors qu’il a tant à dire à propos de Jésus ! Il est des silences éloquents : le Saint Esprit demeure un grand inconnu, pour ne pas dire le grand méconnu, de la théologie, tant catholique que protestante où l’on a trop souvent privilégié le Christ, la Parole au dépens de l’Esprit, la théologie au détriment de la spiritualité.

La première Pentecôte à Jérusalem

Pentecôte est d’abord une fête juive, c’est plus précisément la seconde des trois grandes fêtes dites de pèlerinage qui intervient sept semaines après la Pâque juive ; le terme de pentecôte vient du grec et signifie simplement cinquantième. A l’origine, c’est la fête qui inaugure le temps des moissons, mais déjà à l’époque de Jésus, elle est devenue la fête du don de la Torah dans le Sinaï après la sortie d’Égypte. Aujourd’hui encore dans les synagogues, décorées de fleurs et de plantes, on lit solennellement les 10 paroles ou commandements donnés à Moïse, ainsi que le livre biblique de Ruth où il est question de moissons. Si je vous rapporte ces détails, c’est parce que cette année, la fête juive tombe en même temps que la fête chrétienne.

Le souffle de Dieu

Dans la Bible hébraïque, le souffle de Dieu précède même la parole de Dieu, c’est le souffle de vie que Dieu insuffle dans les narines du premier être humain et c’est par ce souffle que tout être humain se trouve relié à Dieu. C’est ce même souffle, universel et insaisissable, que Jésus compare au vent qui souffle où il veut sans que l’on sache d’où il vient ni où il va !

Je dis souffle parce que c’est le sens premier du mot ruah en hébreu, pneuma en grec et spiritus en latin : le souffle, le vent en tant qu’élément à la fois insaisissable et actif. Depuis la création, le souffle de Dieu plane sur les eaux primordiales et se trouve étroitement lié à l’action de Dieu, perceptible mais invisible.

L’Esprit est ce qui relie l’humain au divin. Alors, se pose la question : qu’avons-nous fait de l’Esprit ? Oui, quelle place lui accordons-nous dans notre vie de foi et de tous les jours, dans notre perception de Dieu et dans notre vision de l’Église ?

 

La question est vitale car comme l’a très bien dit un jour le patriarche de Constantinople Athenagoras  : « Sans l’Esprit Saint, Dieu est lointain, Jésus est dans le passé et l’Évangile reste lettre morte. Sans l’Esprit Saint, l’Église n’est qu’une simple association, l’autorité, une forme de domination, la mission, une vulgaire propagande, la liturgie, une conjuration des esprits et la vie chrétienne, une morale servile »

Le souffle dans nos vie

J’aime à penser que l’Esprit qui nous relie à Dieu, qui inspire nos convictions et nos choix de vie est un esprit qui nous libère et qui nous procure la paix, non seulement par rapport à la mort et à la peur de l’au-delà mais dès la vie ici bas. Pourtant, je ne suis pas sûr que l’Eglise ait toujours donné l’image d’une communauté de personnes libérées, ni surtout que dans nos choix et nos paroles, nous fassions la preuve de cette liberté et de cette paix qui permettent de surmonter les circonstances de la vie.

A l’heure où nos Églises sont en perte de vitesse, où la foi chrétienne est marginalisée ou abandonnée par une majorité de la société, où nos propres enfants ne s’y reconnaissent plus et où nous peinons à assurer la relève, alors que d’autres églises et sur d’autres continents continuent à attirer les fidèles, nous avons besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle inspiration pour trouver les mots et les orientations justes. Nous avons besoin de l’Esprit de Dieu qui fait toute chose nouvelle et dont l’apôtre Paul affirme qu’il habite en chaque chrétien.

Message à Lyna

C’est cet Esprit de lumière et de vie que j’invoque ce matin pour Lyna, ses parents et sa famille qui l’accompagneront dans les premiers pas de la vie et l’aideront à trouver sa place d’enfant de Dieu, dans sa vie personnelle et dans les relations avec les autres.

C’est cet Esprit d’ouverture et de partage que j’implore aujourd’hui pour notre assemblée et toutes les Églises réunies à travers le monde en ce jour de Pentecôte, pour qu’elles trouvent un nouveau souffle et une spiritualité vivante nourrie de l’Évangile, accessibles, comme à la Pentecôte de Jérusalem, à toutes les cultures.

C’est cet Esprit de justice et d’amour que je demande pour toutes les communautés humaines afin qu’elles trouvent les voies du respect mutuel et de l’harmonie avec la nature, contre toutes les exclusions et les repris identitaires.