Toussaint 2020 :

Matthieu 5,1-12

                                                                       Soyez les bienvenus à cette journée « portes ouvertes », que nous offre l’église. Oui, aujourd’hui, c’est la « journée portes ouvertes » de la Sainteté ! La première découverte de ce jour, c’est la sainteté de Dieu et de son fils Jésus Christ. Dieu seul est Saint et puisqu’entre Lui et son Fils circule l’Esprit de Sainteté, en tout ce qu’Il touche, Il dépose son ADN : quelque chose de sa Sainteté.

            La 2e salle ne nous est pas complètement inconnue. C’est la galerie des officiels, les Saints canonisés, dont bien souvent, nous portons les noms, depuis notre baptême. Ils ont été estampillés officiellement !

            La 3e salle nous émerveille ! Que de mamans anonymes, qui, sans mesure, ont passé leur vie à servir les autres 

            La 4e salle nous émerveille encore plus !….

La 4e salle nous émerveille encore plus ! Des chefs d’entreprise, qui ont pris des risques, jusqu’à ne s’attribuer que de maigres salaires, pour créer et sauvegarder des emplois en période de crise… et ces personnels soignants au service des réfugiés et dernièrement des grands malades du covid 19. Nous les avions applaudis ; mais nous ne nous attendions pas à les trouver ici !

            La 5e salle nous surprend ! Des femmes et des hommes qui auraient eu bien des raisons de désespérer de la vie et qui ont tenus bon ! Leurs conjoints méchants, leur santé récalcitrante, la crise économique, ne les ont pas abattus !

            La 6e salle, nous laisse bouche bée ! Il y a là des incroyants, qui ont vécu l’Évangile, sans jamais l’avoir lu ! Il y a là aussi celles et ceux qu’on pourrait appeler « les rescapés de la sainteté », qui ont rejoint le bon larron de l’Évangile. Ils étaient laissés pour compte, ils ont eu une éducation ratée, il traînait une lourde hérédité et ils ont été sauvés ! Purée de moines, la Toussaint, ce n’est pas petit ! Six salles à découvrir, comme les 6 jours pour la création du monde : rendons grâce à Dieu.

                                    La Sainteté, c’est une question de Bonheur, nous dit Jésus. Il nous faut, aujourd’hui, sauver le bonheur ! Pour cela, il nous faut accepter de devenir mortels, car la Sainteté, c’est l’avenir de l’homme. Sainte Thérèse de Lisieux disait : « J’ai toujours désiré être une sainte ; mais hélas, j’ai toujours constaté, lors ce que je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne, dont le sommet se perd dans les cieux, et le grain de sable obscur foulé aux pieds des passants. » Mais, bien loin de se décourager, elle ajoutait : « Je me suis dit que le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables. Je puis donc, malgré ma petitesse, aspirer à la sainteté ».

                                    Alors, nous aussi, choisissons l’option d’y croire et laissons l’Esprit Saint agir en nous. Dieu qui a manifesté sa Sainteté dans la vie de ces innombrables femmes et hommes, le fera aussi en chacun de nous, si nous nous en remettons à Lui ! 

Dimanche 18 octobre 202

29° ordinaire A

Matthieu 22,15-21

                                    « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », dit Jésus. César, Dieu ! Un pou et un éléphant ! Il y a des choses, qui ne s’opposent pas ! De même le politique et le religieux !

            « Est-il permis ou non de payer l’impôt à l’empereur » ? C’est vrai que le pou va chercher à te sucer jusqu’au sang ! Mais, qui est Dieu, dit Jésus. Remettons chacun à sa place. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » ! Bien avant notre ère, Jésus se fait le promoteur de la laïcité ! « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu »

Au IIe siècle, la lettre à Diognète nous donne un témoignage du vécu de la première communauté chrétienne. Il y est écrit : « Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes, ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n’habitent pas de ville qui leur soient propres… leur genre de vie n’a rien de singulier… ils se répartissent dans les cités grecques et barbares, selon le lot échu à chacun ; ils se conforment aux usages locaux… tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle… Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère est leur patrie et toute patrie, une terre étrangère… Ils passent leur vie sur la terre ; mais sont citoyens du ciel ». Cette lettre du IIe siècle, nous en met plein les yeux ! Quelle est, aujourd’hui, mon rapport à la laïcité ?

Avec beaucoup d’humour, l’évangéliste nous fait remarquer que Jésus n’avait pas de pièces de monnaie sur lui. À l’époque, cette monnaie était considérée comme un sacrilège, car y figurait l’effigie de l’empereur. L’empereur, par-là, était divinisé ! Jésus doit alors demander un denier… mais ne le touche pas. Et ce sont ses adversaires, qui identifie pour lui l’inscription. Alors, Jésus leur dit :   « Rendez à César, ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Jésus nous démontre ainsi, qu’il y a des pouvoirs complémentaires, et que nous avons des obligations dans le domaine religieux, comme dans le domaine civil. Nous sommes responsables du bon fonctionnement du groupe humain où nous vivons. C’est là que se situent les questions de justice sociale, de faim dans le monde, de progrès des peuples en voie de développement.

C’est le cœur humain, que Jésus veut d’abord transformer. Le politique et le religieux ne s’oppose pas ; mais que chacun soit à sa place !

Dimanche 11 octobre 2020
  28° ordinaire A 
Matthieu 22,1-14.

                                    Le message de Jésus s’inscrit en continuité du message des prophètes du premier Testament. Il compare Dieu à l’époux dont Israël est la fiancée.

            Jésus nous dit que le roi invite un repas de noces, à participer à une Alliance, en tant qu’invité. Et là, nous dit Jésus, le roi se découvre impuissant, quand ses sujets se désolidarisent de l’ensemble ! Les invités se désistent et le roi reste seul devant sa grande table garnie pour la fête ! Dieu n’est plus Dieu !

            Ce que nous raconte Jésus, c’est en fait, l’histoire de tout être humain, mon histoire, ton histoire ! Nous sommes tous invités autour du fils de Dieu ; mais certains jours, cette invitation tombe mal : on avait prévu autre chose. Oui, c’est bien de nous qu’il s’agit. Imagine la tristesse de Dieu ! J’ai vécu quelque chose de semblable, quand cet été, j’avais invité 5 personnes un apéritif dînatoire. Ce jour-là, personne n’est venu. Je me suis retrouvé seul, devant mes verres et mes « amuse-gueules » ! Quand je les ai revus, je leur ai fait une nouvelle invitation ; mais je n’ai pas pu m’empêcher de leur dire : vous êtes des salopards ! Mais, Dieu merci ! Jésus me dit que Dieu est plus grand que moi ! Dieu envoie d’autres serviteurs, pour renouveler son invitation et il insiste : « mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; venez à la noce ». Nous sommes les invités au repas du Seigneur, comme le prêtre nous le rappelle à chaque messe. Chaque fois que nous refusons son appel, avec beaucoup de tendresse, Dieu nous redit : viens. Pour Jésus nous ne sommes pas des salopards !

                                    Mais, dit Jésus : « le roi se mit en colère et envoya ses troupes ». Dieu à supporté tes refus, ta surdité face à ses appels successifs. 

Alors, après tant de patience sans résultat, Dieu passe à l’assaut ! « Il brûle leur ville » dit Jésus. Oui, en chacun de nous, Dieu brûle les citadelles, tout ce qui en chacun de nous nous rend insensibles à l’appel des hommes qu’il nous envoie. Et c’est alors, qu’accablé par les coups de la vie, lâchant « mes commerces », comme dit l’Évangile, je finis par écouter enfin. « Tout est grâce », disaient les Pères de l’église ! Un pépin de santé, pour certain le confinement dû au Corona virus, ou autre… et nous voilà vulnérables. Alors, le roi dit : « allez à la croisée des chemins et invitez celles et ceux qui errent » ! Tout est grâce ! La souffrance m’a fait sortir de ma citadelle et c’est là que les serviteurs du roi ont pu m’aborder et m’entraîner dans la salle des noces ! On vient vers Dieu tel que l’on est, car depuis longtemps, il nous attend.

                                    Il y a 60 ans, en classe primaire, sur Romans, l’école  nous obligeait à porter une blouse gris clair. On était tous pareils. Si sur la route, les habits de marque de certains faisaient la différence, dans l’enceinte de l’école, la même blouse pour chacun, gommait toutes les différences. « Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent les mauvais comme les bons et la salle de noces fut remplie de convives ». Dieu les attire tous à lui et les revêt de la robe de noces. Chacun a le même vêtement : celui de la Miséricorde de Dieu. Tous sont revenus revêtus par la Grâce. C’est la communion des saints, que nous vivons à chaque messe !

DIMANCHE 4 OCTOBRE 2020

27° ordinaire A 

Matthieu 21,33-43.

                                               « Un homme était propriétaire d’un domaine, il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et il bâtit une tour de garde. Puis, il la donna en fermage à des vignerons et partit en voyage ».

            Qu’est-ce que Jésus veut nous apprendre sur Dieu ? Dieu est le seul propriétaire de la terre. La terre est son domaine. Elle était « informe et vide », quand il la créa et l’aménagea pour que les humains s’y sentent à l’aise, pour travailler et y trouver leur bonheur ! Mais Dieu ne s’impose pas. Pourtant même semblant absent, il veille sur sa vigne et la communauté à qui il l’a donnée en fermage. Dieu voit que le travail de ses serviteurs a fait fructifier son domaine et il s’en réjouit. Dieu veut alors se rappeler au bon souvenir de la communauté humaine, qu’il a installée dans sa vigne. Alors il leur envoie des émissaires. Mais les hommes l’ont oublié et ne reconnaissent pas la légitimité de ses envoyés. Mais Dieu est patient. Il envoie d’autres ambassadeurs et ça ne marche toujours pas ! Dieu est miséricordieux, il ne leur en veut pas. Il envoie son fils, espérant que les hommes y reconnaîtront les traits de son visage. Mais les hommes, veulent s’accaparer l’héritage et le font disparaître !

                                    Dans la logique du royaume de Dieu, on reçoit, on transmet, et on donne. Dans la parabole, le maître de la vigne donne en fermage, il envoie des émissaires, il espère recevoir.

Prenons un exemple : Ce que chacun de nous a de plus précieux, c’est la vie ! Qu’as-tu fait, pour qu’elle te soit donnée ce matin encore ? La vie, tu ne peux pas te la donner à toi-même. Elle ne peut être que reçue. Et elle devient encore plus formidable quand elle est donnée à son conjoint, à ses enfants, à telle ou telle cause de paix ou de justice. La loi de l’Évangile se conjugue avec 3 verbes : recevoir, transmettre, donner ! Chacun de nous est né avec les poings fermés et le travail d’humanisation consiste à apprendre à ouvrir les mains, pour recevoir, transmettre, donner.

                                    Le maître de la vigne envoya son fils ! Et ça continue aujourd’hui ! Le Seigneur Jésus a toujours le visage du pauvre qui nous sollicite et que l’on exclut si souvent… Celles et ceux, qui nous sollicitent, que ce soit à la porte de nos supermarchés, de nos églises, ou de notre Europe, nous rappellent que les richesses ont pour vocation d’être partagées. Très souvent, certains me disent avoir l’impression d’être harcelés : si tu donnes à une association caritative, qui te sollicite par courrier, demain ce sont 5 autres associations qui ont eu ton adresse et qui frappent à ton porte-monnaie. « Va avec la force qui est en toi », disait Dieu à Gédéon, dans le premier testament ! Ce que je ne peux pas faire, d’autres le feront si je ne chasse pas hors de la vigne ceux qui me sollicitent !

            Seigneur, donne-moi d’organiser ma vie selon ces 3 verbes : recevoir, transmettre, donner.

Dimanche 30 août 2020 

 22° ordinaire A

Matthieu 16,21-27.

                                    Après la première lecture, l’église nous donnait à méditer le psaume 62 : « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube. Mon âme a soif de toi, après toi languis ma chair… ton amour vaut mieux que la vie… je m’attache à toi de toute mon âme ». Comme tout bon juif pratiquant, Jésus était nourri des psaumes de la Bible. Il priait les psaumes, pas comme une récitation machinale ; mais en s’en imprégnant. Comme tout juif pratiquant, le psaume devenait sa respiration ! Tout l’Évangile témoigne de sa prière. Tout l’Évangile nous témoigne de son désir de s’accorder à la volonté de son père.

            Jésus disait : « il n’y a pas de plus grand amour, que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » ! Donner sa vie, ce n’est pas mourir, c’est vivre pour !

Toutes les mamans en font l’expérience, avec leurs enfants. Mais, comme chacun d’entre nous, toute la vie de Jésus a été ponctuée de tentations. Cela a commencé, après son baptême par Jean le Baptiste ; mais s’est continué tout au long de sa vie d’homme. Il lui a fallu prier fréquemment pour en sortir vainqueur. Il lui a fallu prier pour vaincre la tentation contre lui-même d’abord. « Ton amour vaut mieux que la vie », disait le psaume. Puis il y a eu la tentation qu’apporte la foule, qui veut le faire roi, après la multiplication des pains, et celle des spécialistes de la loi, qui cherche à le piéger ! Mais aujourd’hui, la tentation est terrible. Elle lui vient de ses amis les plus chers, à commencer par Pierre lui-même ! « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route », lui dit Jésus. C’est chaque jour, que Jésus a dû discerner la volonté de son Père, pour y souscrire avec confiance. Et à chaque messe, le célébrant nous dit : « comme nous l’avons appris du Seigneur et selon son commandement, nous osons dire : notre Père ». À quoi nous répondons : « notre Père, que ta volonté soit faite » !

                                               J’ai apprécié, que le pape Jean-Paul II, touché par la maladie, tienne sa place jusqu’au bout, même quand à la fin, on avait de la difficulté à comprendre ses paroles. Alors que le monde prônait la jeunesse et la santé, l’église n’avait à offrir que l’image d’un vieux pape malade ! Il avait été jeune et sportif, mais c’était fini ! Plus près de nous, le fondateur de la paroisse Saint curé d’Ars, à la Monnaie, termine sa vie dans un cantou, à l’hôpital de Romans, où il ne reconnaît plus personne. C’était et c’est toujours le Père Jean. Et quand l’un de vous m’appelle pour prier avec sa maman, en fin de vie à l’hôpital, en me disant : vous allez voir, maman baisse ; je lui réponds : non, elle monte ! La vieillesse est un naufrage dise certains ! Et pourtant nul n’y échappe ; mais ne nous y préparons pas !

            Jésus regarde son avenir. Il s’avère sombre ! C’est cette vision que Pierre refuse : « non, cela ne t’arrivera pas Seigneur » ! Il a reconnu en Jésus, le Messie attendu ; mais il ne voit pas que Jésus est aussi notre frère en humanité, qui partage tout de notre condition. Détourner Jésus de notre condition humaine, c’est renouveler les tentations du désert ! « Arrière de moi Satan », dit Jésus. Pierre ne voit pas que la souffrance et la mort ne peuvent éteindre la source de la Vie !

            Prendre sa croix, à la suite de Jésus, c’est, au cœur de la souffrance, regarder d’où la vie peut agir.

            La croix que Jésus assume, c’est aussi la nôtre ! Dans nos croix, il nous faut discerner celle du Christ, tremplin vers la résurrection.

Dimanche 16 août 2020 

20° ordinaire A

Matthieu 15,21-28.

                                    Une manière d’entrer dans un passage d’évangile, c’est de se reconnaître en l’un des personnages du récit. Ici nous avons 3 personnages : Jésus, la Cananéenne et les disciples !

                                    Jésus !

            Est-il raciste ? Il ne nous avait pas habitué à de telles réparties envers celles et ceux qui l’abordaient. Jésus se montre fidèle à la loi Juive. Chaque Shabbat il va à la synagogue, nourri par le message des prophètes, il dénonce l’injustice et le mépris des pauvres. Mais il sait reconnaître la volonté de son Père dans les larmes d’une maman en deuil, l’appel d’un lépreux, l’attente d’un aveugle… « Je suis venu, pour les brebis perdues d’Israël, je ne suis pas venu pour les chiens » !

                Jésus marque que la différence entre son peuple et les autres, entre lui et la Cananéenne. Il faut toujours dire qui on est, pour qu’une rencontre avec l’autre soit dans la Vérité, sinon on se trouve dans la confusion et c’est l’œuvre du démon ! Mais, s’en tenir aux lois, alors qu’il est appelé à humaniser l’humanité, ce serait aussi faire l’œuvre du démon ! En effet ce serait détourner son cœur des marginaux et des exclus.

                « Mon Dieu, que ta Volonté soit faite », nous apprendra à dire Jésus. Alors, il guérit l’enfant et sa maman. Dans tout l’Évangile, Jésus navigue constamment entre le maintien des limites et l’appel des autres.

                                    La Cananéenne !

            La Cananéenne !

            Une maman à la volonté tenace ; mais elle est plongée dans la confusion. Elle implore Jésus en disant : « Aie pitié de moi… ma fille est tourmentée par un démon… Seigneur, viens à mon secours » ! Elle parle de sa fille, comme s’il s’agissait d’elle. En fait, ni elle ni sa fille n’existe pour elle-même ! En guérissant la mère et la fille, Jésus chasse le démon qui avait effacé la limite entre la vie de la mère et celle de son enfant.

                Cette Cananéenne est certainement moins païenne, que nombre des auditeurs de Jésus. Sa persévérance témoigne de sa foi : elle croit fermement que la puissance de Dieu peut la toucher, par Jésus.

                C’est une femme en souffrance, elle n’en peut plus. À certaines heures, nous éprouvons un peu la même chose !

                C’est une femme étrangère. Elle brave les préjugés des juifs. Tu l’as peut-être rencontrée à la porte du supermarché ! Tu lui ressembles parfois, quand les soucis et les épreuves t’assaillent. Vers qui se tourner alors ? Celles et ceux, qui implorent Dieu, ne sont pas tous membres de l’église !

                                    Les disciples !

            Ils sont agacés par l’insistance de cette femme, qui trouble la quiétude de leur rassemblement autour du maître ! « Donne lui satisfaction et qu’on n’en parle plus », disent-ils ! Voilà qui nous ressemble un peu ! On est facilement perturbé, quand une personne, qui n’est pas des nôtres, surgit dans notre église et interpelle le président où les animateurs de notre assemblée.

                Les disciples sont heurtés par l’attitude et les propos de Jésus envers cette femme ! Jésus ne nous avait pas habitué à cela !  Son silence serait-il le silence de Dieu à nos prières ?

                Les disciples découvrent alors, que Jésus n’est pas un faiseur de miracle ; mais qu’il prend le temps d’éveiller la foi de celles et ceux qu’il rencontre. Les disciples auront bien compris la leçon. Après la résurrection de Jésus, la première communauté s’ouvrira aux non Juifs.

                                    Aujourd’hui, nous ne pouvons que nous réjouir du dialogue interreligieux, initialisé à Assise. Sommes-nous vraiment une église ouverte à toutes les sensibilités religieuses ? Isaïe le révélait lui-même, quand il rapportait la parole de Dieu : « ma Maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples ».

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Samedi 15 août 2020

Assomption de la vierge Marie 

Luc 1,39-56 

                                    L’église catholique n’a pas la réputation d’être particulièrement féministe ! Et pourtant, aujourd’hui, elle nous invite à la contemplation de l’œuvre de Dieu dans une femme ! L’église nous invite à contempler une femme dans le Ciel. Le livre de l’Apocalypse nous dit qu’elle a le soleil pour manteau, la lune sous ses pieds et sur la tête une couronne de 12 étoiles.

            La Tradition nous la présente comme s’endormant au milieu des apôtres, pour être enlevé au Ciel. Aucun écrit, ne parle de la mort de Marie ; mais ils parlent de son Assomption. Marie rejoint ainsi la lignée de quelques grands personnages du premier Testament : Hénoch, le patriarche, car il suivait les voies de Dieu (genèse 5,23) ; Elie, le prophète, qui monte au ciel sur un char de feu (2 rois, 5,11) ; et certainement Moïse, qui mourut face à la Terre promise et dont jusqu’à ce jour, on n’a jamais retrouvé la tombe (Deutéronome 34,6).

            Fêter l’Assomption aujourd’hui, c’est reconnaître que le meilleur des fruits de la terre a été emporté aux Cieux, d’où descendent les dons et les grâces.

                                    Dans les Évangiles, on ne relève que 5 paroles de Marie.

 

Dans les Évangiles, on ne relève que 5 paroles de Marie.

  • « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge » ? Au projet extravagant du bon Dieu, qui veut se faire l’un de nous, Marie n’a pas le vertige, mais reconnaît sa petitesse.
  • « Voici la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi, selon ta parole » ! Marie ne se crispe pas sur ce qu’elle a ou ce qui lui manque. Elle s’abandonne à Dieu. Ainsi le projet de Dieu peut se réaliser. Son fils sera vraiment Dieu et vraiment homme.
  • « Mon âme exalte le seigneur » ! Désormais, dans sa prière, Marie s’efface. Seul Dieu compte.
  • « Mon enfant pourquoi ? Ton père et moi nous te cherchions, remplis d’angoisse » ! Jésus n’avait que 12 ans et elle le perd, lors du pèlerinage annuel au Temple de Jérusalem. Face aux difficultés de la vie, elle exprime son angoisse ! Sans remettre en question son total abandon du jour de l’Annonciation, Marie est déroutée par la teneur des événements ; mais elle garde tout cela dans son cœur, note l’Évangile. Elle est sûre que tout s’éclairera un jour.
  • « Ils n’ont plus de vin » ! Et aux serviteurs : « Faites tout ce qu’Il vous dira » ! Marie est attentive aux besoins des hommes, et en même temps confiante et sure du pouvoir de son fils.

                                    Cinq paroles seulement ! Marie sera beaucoup plus bavarde, dans ses apparitions, quelques centaines d’années plus tard à Lourdes et ailleurs dans le monde !

            Mais c’est à cause de la disponibilité de Marie, dont témoignent ses 5 paroles, que Jésus, élevé sur la croix, nous dira : « voici ta Mère » !

            Laquelle de ces 5 paroles te touche particulièrement aujourd’hui ? Fais-en ton chemin, pour cette fin de vacances et la rentrée qui se profile. Demande à Marie de t’aider à la vivre dans ton quotidien.

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Dimanche 9 août 2020 

19° ordinaire A

Matthieu 14,22-33

                                    Le passage d’évangile que nous venons d’entendre, fait suite à celui de dimanche dernier. Voilà que la foule, rassasiée par les 5 pains et 2 poissons, décide de faire une manif ! On ne peut pas laisser aller son chemin, Celui qui nous a nourris en plein désert ! On le veut pour roi !

            « Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait la foule », note Saint Mathieu. Pourquoi cet empressement ? En France nous sommes abonnés aux manifs, pour toutes sortes de causes, et nous connaissons les débordements, qui trop souvent les accompagnent ! Jésus veut éviter à ses disciples de vivre cela.

            « Allez sur l’autre rive » ! Les disciples obtempèrent ; mais il y a une traversée à faire. Il faut s’éloigner de la terre, domaine stable, lieu de sécurité. Le vent est contraire, ce serait tellement plus rassurant de devenir les ministres de celui que la foule veut comme roi ! C’est ce que demandera, un peu plus tard, la mère des 2 fils de Zébédée : « Permet qu’ils siègent l’un à ta droite et l’autre à gauche, dans ton royaume ». Là, les disciples sont à peine, ils vont à contre-courant !

                                    Quelle est cette autre rive ?

 Les disciples obtempèrent ; mais il y a une traversée à faire. Il faut s’éloigner de la terre, domaine stable, lieu de sécurité. Le vent est contraire, ce serait tellement plus rassurant de devenir les ministres de celui que la foule veut comme roi ! C’est ce que demandera, un peu plus tard, la mère des 2 fils de Zébédée : « Permet qu’ils siègent l’un à ta droite et l’autre à gauche, dans ton royaume ». Là, les disciples sont à peine, ils vont à contre-courant !

                                    Quelle est cette autre rive ? Nous connaissons la rive de la raison et de l’expérience humaine. Elles se bornent à l’horizon du possible. Mais croire en Dieu, dont le pouvoir est sans limite, est peut-être l’autre rive ! Croire en Dieu, comme nous le proclamerons tout à l’heure, c’est savoir qu’une autre rive existe ; mais ce n’est pas encore y accéder. Pour y accéder, les disciples auront des tempêtes à traverser Pour inscrire les Béatitudes sur la terre, les disciples auront à combattre l’injustice, à demeurer dans la douceur face à la violence, accepter d’être persécutés et s’en réjouir. Ils se diront parfois que Dieu les a abandonnés.

            Ce récit, que nous rapporte l’Évangile, figure toutes les tempêtes, que le croyant de tous les temps aura à traverser. Il nous invite à croire, que Dieu dans sa toute-puissance ne nous épargnera pas les difficultés de la vie ; mais il ne nous abandonnera pas. Jésus n’est pas venu pour supprimer la souffrance et la mort. Il n’a pas supprimé la croix, il s’est couché dessus !

            « Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer », note l’évangéliste. Poussé par l’esprit, Jésus n’est pas freiné par les vents contraires. Est-ce possible, ou bien notre imagination nous joue un jour, se demandent les disciples ? Alors Pierre prend la parole : « Si c’est bien toi Seigneur, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau ». Fort de son expérience, depuis qu’il chemine avec Jésus, Pierre croit que rien ne résiste à un ordre de Dieu.

            Jésus lui dit : « Viens » ! Et porté par la foi en Celui qui le rend fort, Pierre marche à contrevent, à contre-courant de la raison. Il se rapproche de Jésus, jusqu’à ce qu’il se rende compte que la Foi est une folie aux yeux du monde. Nous faisons tous cette expérience, quand avec la foi, nous marchons à contrevent des lois, qui font marcher le monde. Quand notre engagement au service des plus faibles, pour défendre les droits des opprimés, réfugiés et migrants, quand nous luttons pour la paix et le pardon, nous pensons être fous de marcher si peu nombreux à contrevent !

            Alors, Jésus, comme pour Pierre, nous prend la main et nous dit : « homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté » ? Et l’Évangile note : le vent et la tempête s’apaisent ! La foi est un combat contre le doute et surtout la peur.

            Alors, à toute heure du jour, reprenons la prière traditionnelle de l’église : Seigneur sauve-moi. Kyrie eleison !

Dimanche 2 août 2020 

 18° ordinaire A 

Matthieu 14,13-20

                                    Il y a un peu plus d’un mois, la France élisait les maires, qui n’étaient pas passés au premier scrutin ! Souvenez-vous des discours prononcés par les candidats ! Pour construire une vie sociale plus harmonieuse, ils nous proposaient, que si nous ne voulions pas que nos impôts augmentent, il nous faudrait ouvrir nos bas de laine pour relancer la consommation ! Pour eux, l’harmonie de notre vie sociale, dans nos villes, en France, en Europe et dans le monde était une affaire d’argent !

            Les disciples n’auraient pas dépareillé parmi nos candidats ! « Renvoie les foules seigneur, qu’ils achetent de quoi manger » !

            Mais, revenons à l’Évangile ! Tout commence dans le désert pour s’achever sur la vision d’une ville moyenne : 5000 pères de famille, avec les femmes et les enfants, on arrive à 20 000 ! Et là, Jésus refuse le recours à l’argent. « Donner leurs vous-même à manger » ! Pourquoi, comme les candidats aux mairies de France, Jésus n’a pas dit : Je vais leur donner à manger, avec moi, chacun va retrouver le bonheur ? L’Évangile note, que Jésus est pris de pitié envers cette foule. « Donner leurs vous-même à manger » ! Ils voudraient que ses disciples partagent sa compassion, envers l’humanité en souffrance.

                                    « Mais Seigneur, nous n’avons que 5 pains et 2 poissons » ! L’évangéliste note la détresse des disciples. Dans tous les pays du monde, hier avant le confinement et …..

L’évangéliste note la détresse des disciples. Dans tous les pays du monde, hier avant le confinement et maintenant que nous pouvons circuler, des familles quittent leurs terres à la recherche d’un pays où ils pourront acheter de quoi se nourrir. Et beaucoup en meurent ! Comme les disciples, nous vivons dans un monde où tout s’achète et se vend. On traîne en justice ceux qui osent donner et se donner. Quand le pape François s’est rendu à Lampedusa, il priait ainsi : « Père, nous te demandons pardon, pour ceux, qui par leurs décisions au niveau mondial, ont créé des situations qui conduisent à de telles trames. Pardon seigneur » !

            « Donnez leurs vous-même à manger », dit Jésus. Jésus souhaite que ceux qui le suivent aient la même Compassion que Lui, pour celles et ceux qui sont plus fatigués et plus pauvres.

            Notre vocation de Baptisés est d’être comme le Christ, qui a franchi la distance entre le ciel et la terre, pour nous réconforter, nous fortifier et nous sauver. « Va avec la force qui est en toi », disait Dieu à Gédéon, dans le premier Testament. Donne de ton quotidien et comme dans l’Évangile de ce jour, Dieu accomplira l’impossible. C’est par la main des disciples et nos mains d’aujourd’hui, que s’accomplit le miracle !

            Ce que nous entendons de Jésus dans nos églises, allons le vivre avec les pauvres, les riches, les jeunes, les anciens, les incrédules, les pratiquants ou non. N’ayant pas peur, le seigneur est avec nous !

Dimanche 26 juillet 2020

 17° ordinaire A 
Matthieu 13,44-52

                                    C’est quoi une parabole ? Et l’enfant du caté répond : C’est pour capter les chaînes Et l’enfant a raison ! « Le royaume de Dieu est comparable à… » Grâce à la parabole, on va pouvoir capter la chaîne du royaume de Dieu.

            Dans cette parabole, il est question de 2 hommes. Le premier n’a rien cherché, il a trouvé le trésor, par providence. Le second est un fin connaisseur, toujours sur le qui-vive. Et voilà qu’il tombe sur l’objet de son désir. Voilà les 2 types d’hommes, qui accèdent au royaume de Dieu. Saint-Paul était un fin connaisseur et voilà que sur la route de Damas, il trouve l’illumination. Saint Charles de Foucauld n’était pas particulièrement en recherche, même si son désir n’était pas pleinement satisfait par ce que le monde lui offrait. Et c’est par Providence, dans l’église, avec le Sacrement du Pardon, qu’il trouve l’illumination ! Et toi aujourd’hui, ou te situes tu ? Pour ma part, dès l’adolescence, je partais seul dans la nature, avec ma bible. Je cherchais… Le royaume de Dieu n’est accessible qu’à ces 2 genres d’hommes !

                                    « Le royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous » ; mais, en même temps, le royaume de Dieu et à acquérir : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice », dit Jésus. Les 2 hommes de la parabole sont animés d’un même désir. Et quand ce désir est comblé, plus rien ne compte pour eux. Pascal disait : « Dieu seul suffit ».

Ces 2 hommes de la parabole, vont alors vivre un abandon ! C’est ce qu’a vécu Jésus Christ ! « Lui, qui est à Dieu, il n’a pas retenu le rang qui l’égalait à Dieu », écrit Saint Paul. Il a renoncé à toutes les richesses du ciel et de la terre, pour acquérir la perle précieuse, que chaque être humain représente pour lui. Pour les 2 hommes de la parabole, comme pour Jésus, il y a mieux à désirer, que les richesses qu’ils possèdent déjà. Voilà la clé, nous dit Jésus : être capable de tout perdre, pour acquérir Dieu lui-même. Il en résultera la joie parfaite ! C’est ce qui se passe à chaque messe. À l’offertoire, tu donnes un peu de ta richesse. Et ce petit rien abandonné : pain et le vin de notre ordinaire, te permet d’acquérir le corps du Christ !

            Cette parabole d’aujourd’hui, prépare les disciples à vivre les événements de la Passion de Jésus. Et c’est ce qui permettra aux apôtres de revenir tout joyeux après avoir subi des outrages, au Nom de Jésus Christ ! Vous voyez, cette parabole, nous emmène plus loin, qu’un simple prélèvement sur notre carte bancaire ! Cette personne, qui te met en boule, c’est autre, qui piétine tes droits, c’est autre encore, à qui tu ne pardonneras pas… L’abandon auquel nous invite l’Évangile est une façon de vivre avec les autres.

            Tous ici, nous connaissons ce Trésor, caché dans le champ du monde ; mais malheureusement, nous demeurons attachés à d’autres trésors : notre réputation, notre place dans la société, etc. Cette vie nouvelle est tellement contre nature ! Cela me rappelle un conte hindou : Un mendiant était là, au bord de la route, quand un grand personnage de la haute société s’arrête. Le mendiant se dit : C’est la chance de ma vie. Fini la galère ! Le grand personnage descend de son véhicule. Il demande mendiant : Qu’as-tu à me donner ? Le mendiant est désorienté ; mais devant l’insistance et le sourire de son interlocuteur, il plonge sa main dans sa besace. Il n’a qu’une poignée de riz, pour son repas du soir, il en sort un grain, qu’il donne au Monsieur, lequel le remercie et s’en va. Le soir, seul, il vide son sac pour cuire sa poignée de riz. Ah, stupeur ! Il y trouve un grain de riz en or ! Il s’écrit alors, les larmes dans les yeux : Ah ! Que n’ai-je tout donné !