HOMELIE DU PERE PHILIPPE

Dimanche 17 novembre 2019

33 ° ordinaire C 

Luc 21,5-19.

Les disciples admiraient la beauté des pierres du Temple et Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront, où il n’en restera pas pierres sur pierre : tout sera
détruit ». C’était, ce jour-là, une parole prophétique de la part de Jésus. En effet, en l’an 70, les armées romaines démolirent le temple, dont il ne reste plus aujourd’hui que le mur de soutènement de l’esplanade, appelé mur des lamentations.
Les juifs étaient attachés à leur Temple : ils y voyaient la bénédiction de Dieu. En entendant Jésus leur dire, qu’il n’en restera pas pierre sur pierre, pour eux c’était la fin du monde qui était annoncé. À quoi Jésus leur répond : ne vous effrayez pas, ce ne sera que la fin d’un monde.  Recherchez les réalités dans haut !
On vit aujourd’hui quelque chose de semblable, quand la maladie, l’échec la brisure du foyer par le départ ou le décès du conjoint, la privation de liberté comme en vivent de nombreux migrants, nous touchent. Pour chacun, comme pour le veuf ou la veuve, c’est la fin du monde ! C’est donc aussi à chacun de nous, que Jésus dit : « Pas un des cheveux de votre tête ne sera perdu ». C’est la fin d’un monde.

Dans un autre passage d’évangile, Jésus parle du temple : « Détruisez ce Temple et en 3 jours je le repartirai ».

Et l’évangéliste de conclure : Le temple dont il parlait, c’était son corps… Les chrétiens des premiers siècles relisent cette parole, à la lumière de la Résurrection du Christ. Dieu, naguère, manifestait sa Présence à travers un monument. C’est pourquoi les synagogues et toutes nos églises anciennes sont tournées vers Jérusalem.

            Mais Jésus se présente comme le nouveau temple. Et il nous invite à adhérer à sa Personne : « Croyez que si vous vous attachez à mon Nom, mon Père vous arrachera à la mort et que pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » ! Il se présente comme plus solide que les pierres du temple ! Et souvenons-nous, Jésus dit : « Le ciel et la terre passeront ; mais mes paroles ne passeront pas ». La parole du Christ traverse l’histoire. Elle est promesse d’un avenir ouvert, même au-delà de la mort.

            Paul (1 Co. 3,16) : écrit : « Vous êtes le temple de Dieu et l’Esprit de Dieu habite en vous ». Saint-Pierre (2,4–9) écrit : « Approchez-vous du Seigneur il est la pierre vivante… Vous aussi, soyez pierres vivantes, qui servent à construire le temple spirituel ». Alors le temple peut bien s’écrouler, il ressuscite dans la communauté des croyants, nouveau Temple de Dieu.

            Quel que soit notre âge, la vie peut nous être enlevée. C’est ce que savait Don Jean De la croix, qui, père abbé d’Aiguebelle, puis prieur de Thibirine, préparait ses moines au martyre. « Il faut que ça arrive », dit Jésus. Alors qu’allons-nous faire ? Suivre l’exemple des Américains, qui ne circule qu’armés, ou bien celui d’une minorité de français, qui dans une armurerie, achètent une bombe lacrymogène : arme de 3e catégorie ? Jésus veut apprendre à ses disciples à dépasser la peur en ce monde. L’horizon de l’Espérance est infiniment plus large, que nos destins individuels.

            Seigneur purifie notre cœur, si souvent enclins à condamner dans notre environnement immédiat. « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu », nous disait Jésus le jour de Toussaint.

Dimanche 10 novembre 2019 

32° ordinaire C 

Luc 20,27-38

Merci aux Sadducéens d’aborder avec Jésus la question de l’au-delà !
Les Sadducéens ne croient pas en la résurrection des morts, ils veulent simplement tourner
en ridicule Jésus et son message. Les Sadducéens s’appuyaient uniquement sur les 5
premiers livres de la Bible, où l’on ne mentionne pas explicitement la résurrection. À travers
une histoire insolite, ils envisagent la grande pagaille qui doit régner au ciel, si les morts
ressuscitent ! Les femmes vont se retrouver avec plusieurs maris, les maris avec plusieurs
femmes… Et qu’est-ce qu’ils auraient dit, s’ils avaient connu « le mariage pour tous » !
Ne nous bouchons pas les yeux, il y a des sadducéens en bon nombre d’entre nous !
Le pape Benoît XVI déplorait qu’ait disparu l’eschatologie de nos prédications,
particulièrement la résurrection des morts, que nous proclamons avec le credo. Benoît XVI
n’a qu’à moitié raison, car à l’occasion de nombreuses funérailles le sujet est abordé ! Alors
merci aux sadducéens, qui nous valent cette page d’Évangile, tous les 3 ans !
Au fil des pages de l’Évangile, Jésus aborde plusieurs fois le thème de
l’au-delà. Les Ninivites, la reine de Saba, Lazare, etc. Mais curieusement, il ne n’est nous
dévoile pas le paysage qui nous attend au tournant fatidique. Il dit simplement que le Dieu
d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob, est le Dieu des vivants. Ce n’est pas la première fois, que
Jésus ne répond pas directement à la question posée. La souffrance, la croix ? Jésus
n’explique pas, il accepte seulement de se coucher sur la croix !

Et l’évangéliste de conclure : Le temple dont il parlait, c’était son corps… Les chrétiens des premiers siècles relisent cette parole, à la lumière de la Résurrection du Christ. Dieu, naguère, manifestait sa Présence à travers un monument. C’est pourquoi les synagogues et toutes nos églises anciennes sont tournées vers Jérusalem.

            Mais Jésus se présente comme le nouveau temple. Et il nous invite à adhérer à sa Personne : « Croyez que si vous vous attachez à mon Nom, mon Père vous arrachera à la mort et que pas un cheveu de votre tête ne sera perdu » ! Il se présente comme plus solide que les pierres du temple ! Et souvenons-nous, Jésus dit : « Le ciel et la terre passeront ; mais mes paroles ne passeront pas ». La parole du Christ traverse l’histoire. Elle est promesse d’un avenir ouvert, même au-delà de la mort.

            Paul (1 Co. 3,16) : écrit : « Vous êtes le temple de Dieu et l’Esprit de Dieu habite en vous ». Saint-Pierre (2,4–9) écrit : « Approchez-vous du Seigneur il est la pierre vivante… Vous aussi, soyez pierres vivantes, qui servent à construire le temple spirituel ». Alors le temple peut bien s’écrouler, il ressuscite dans la communauté des croyants, nouveau Temple de Dieu.

            Quel que soit notre âge, la vie peut nous être enlevée. C’est ce que savait Don Jean De la croix, qui, père abbé d’Aiguebelle, puis prieur de Thibirine, préparait ses moines au martyre. « Il faut que ça arrive », dit Jésus. Alors qu’allons-nous faire ? Suivre l’exemple des Américains, qui ne circule qu’armés, ou bien celui d’une minorité de français, qui dans une armurerie, achètent une bombe lacrymogène : arme de 3e catégorie ? Jésus veut apprendre à ses disciples à dépasser la peur en ce monde. L’horizon de l’Espérance est infiniment plus large, que nos destins individuels.

            Seigneur purifie notre cœur, si souvent enclins à condamner dans notre environnement immédiat. « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu », nous disait Jésus le jour de Toussaint.

Dimanche 3 novembre 2019

31° ordinaire C
Luc 19,1-10.

Fermons les yeux et essayons de visualiser nos contacts téléphoniques
et Internet… Pas facile, il y en a tellement ! C’est ce qui arrive à Zachée. Il n’est pas sur le
terrain, il est chef des collecteurs d’impôts. Il a des hommes sous ses ordres : ceux qui sont
chargés du recouvrement, d’autres pour poursuivre les mauvais payeurs et ceux qui
fraudent, d’autres encore pour s’assurer de l’honnêteté des 2 premières catégories, il y a
aussi les occupants Romains à qui il reverse ce qui est convenu et il y a aussi des indics qui
l’avertissent des différentes manifs, où il pourrait trouver des personnes non encore
répertoriées dans ses registres… Ça fait du monde !
Fermons les yeux, et parmi nos nombreux contacts, essayons de repérer un ou 2, qui
sont vraiment des amis… Le véritable ami, ne reste pas à mes côtés pour avoir une place,
quand je donne un apéritif dînatoire, ou avec le secret espoir que je lui fasse sauter sa
contravention ! Le véritable ami, n’a rien à me demander. Il est là pour moi, soucieux de
mon bonheur seulement. Il m’accepte tel que je suis avec mes lumières et mes zones
d’ombre ! Tu en as un, ou deux ? Si tu en as 3, tu es chanceux ! Zachée, lui, n’a aucun ami,
dans ses contacts.

Et c’est là, que le miracle va s’opérer ! Alors qu’il est allé incognito, à la
manif organisée pour le passage de Jésus, sa vie va basculer. Jésus dit : « Le fils de l’homme
est venu chercher et sauver, ce qui était perdu ». « Zachée, descend vite, aujourd’hui, il faut
que j’aille demeurer chez toi. » Et voilà le miracle. Zachée descend de sa hauteur, pour se
mettre au même niveau de Jésus et tous les 2, comme 2 amis, s’accueillent mutuellement !
Pour Jésus, Zachée était déjà un ami, mais ce dernier ne le savait pas ! Il était urgent qu’ils se
rencontrent. Et Jésus ne va rien lui demander, si ce n’est son amitié. Et pour Zachée, cette
amitié soudaine et inattendue, va faire naître en lui le désir de devenir l’ami, de tous ceux
qu’il exploitait jusqu’à ce jour ! Comme dans la parabole de « la perle », Zachée va donner
une grande partie de ses biens, car l’amitié avec Jésus est une perle inestimable.
Et tout cela, c’est le fruit d’un regard de Jésus. Souvent on cherche le regard de Dieu,
en nous tournant vers le Ciel et on ne le trouve pas, car, comme en témoignait Saint-
François-d ’Assise, Dieu est le très bas !
Aujourd’hui encore, Jésus lève les yeux vers chacun d’entre nous. Il ne nous demande
rien, si ce n’est de devenir notre ami. Pas besoin de s’user à s’essayer à devenir des saints !
Accepte simplement d’être son ami, lui fera le reste, car le proverbe dit : « Qui s’assemble se
ressemble » !

Toussaint 2019

Apocalypse 7,2…14 

Matthieu 5,1-12.

                                    Avec cette fête de Toussaint, nous arrivons à un carrefour, où se rejoignent la route de la terre et celle du Ciel, la route d’ici-bas et celle de l’Au-delà. C’est un point lumineux sur notre chemin trop souvent noyé dans les brouillards de l’absurde et du non-sens. Coluche disait : « Les gens partent en vacances, à quoi ça sert, puisqu’ils vont revenir » ! On pourrait le paraphraser en disant : A quoi ça sert de vivre, puisque issus de la terre, comme dit un psaume, nu j’y retournerai, dit Job !

            Les Béatitudes de l’Évangile de ce jour, rejoignent chacun de nous, dans ce que nous avons de plus beau à partager et à vivre. C’est une question de bonheur ! Qui d’entre vous ne recherche pas la douceur, la pureté du cœur, la paix et la justice ? Les béatitudes ne sont pas le Décalogue, les 10 paroles de Vie, que Dieu dicte à Moïse sur le mont Horeb ! Elles ne sont pas un ordre, comme le Décalogue ; mais une invitation à prendre le chemin que Jésus lui-même a pris, au jour de l’Incarnation. C’est de son expérience de vie, que Jésus souhaite que nous nous inspirions. Cette journée n’est pas celle du souvenir ; mais la fête de l’Avenir. Nous sommes tous appelés à devenir des Saints, qui se livrent tout entiers, avec leurs qualités, leurs défauts et leurs passions, au dynamisme de Dieu.

Les béatitudes  concernent tout être humain, en quête de bonheur, il n’y a en elles aucune référence religieuse. Pas besoin d’être juif ou chrétien, pour être humble, doux, affligé, assoiffés de justice, miséricordieux, pur de cœur et artisans de paix. Elles n’appartiennent pas à une église particulière, Jésus les adresse à toute personne de bonne volonté. La douceur, l’humilité, la miséricorde et la justice sont à pratiquer envers tous et chacun. Les Béatitudes, chemin d’humanité, nous ouvrent à la Communion, par-delà toutes les barrières sociales, religieuses ou idéologiques. Et on les retrouvera, dans le discours de Jésus sur le Jugement dernier : (Matthieu 25), « J’avais faim, j’étais malade, j’étais étranger… Qu’avez-vous fait de moi ?

            Les Béatitudes prennent leur source en Dieu, qui aime chacun sans exception, car il est l’Amour infini. Ce n’est pas pour rien que la première béatitude est celle de la pauvreté du cœur. Le pauvre de cœur reçoit sa vie de Dieu, comme Jésus, fils unique du Père. C’est seulement si nous vivons dans cette confiance en la gratuité de l’Amour de Dieu, que nous pourrons vivre les autres Béatitudes. Risquer sa vie au service de la fraternité et de la justice, manifeste au grand jour l’œuvre de Dieu dans le cœur de l’homme, même si ce dernier n’en a pas conscience.

            Saint-Jean, dans son livre : l’Apocalypse, nous rapporte sa vision d’une foule au Ciel, la foule des élus, les saints. Ces gens viennent de la grande épreuve de la vie. Les Béatitudes ne nous parlent pas de nos points forts ; mais de nos points faibles et elles nous apprennent qu’il y a du Bonheur en germe dans notre pauvreté, nos faiblesses, nos larmes. Jésus met le Ciel sur la terre ! Il ne nous offre pas un bonheur standard, mais un bonheur aussi personnel à chacun, que sa vie propre…

 

Texte anonyme découvert sur le web…

  • Heureux ceux qui ne sont pas encombrés d’eux-mêmes, les fardeaux de leur vie s’en trouveront allégés.
  • Heureux ceux qui, redécouvrant qu’ils ont une bouche et deux oreilles, écoutent deux fois plus qu’ils ne parlent … ils atteindront plus aisément au mystère de leur destinée.
  • Heureux ceux qui découvrent leur force au coeur même de leurs fragilités, ils seront plus solides que tous les puissants du monde.
  • Heureux ceux qui osent croire aux germinations de la beauté jusque dans les terres dévastées par le mal et le péché, ils deviendront les éveilleurs d’un monde nouveau que l’Evangile appelle le Royaume de Dieu.
  • Heureux ceux pour qui Dieu n’est pas un concurrent mais un partenaire et un Père, l’Amour sera leur seul bagage pour un pèlerinage qui a le cap de l’éternité.

Dimanche 27 octobre 2019

30° ordinaire C
Luc 18,9-14.

                                    Dans la vie publique, on a eu à gérer des affaires de vrai faux passeport ! Et la sagesse populaire résume cela en disant : l’habit ne fait pas le moine ! C’est tout à fait de cela dont Jésus nous parle aujourd’hui avec l’Évangile… Quel passeport doit-on fournir devant Dieu, pour rentrer dans la communauté des justes ?

            Deux hommes montent au temple pour prier et présenter leur passeport. Il y a le vertueux et le délinquant ! Le vertueux est honnête. Il a certainement plus de qualités morales, que beaucoup d’autres. Il est un modèle d’obéissance à la Loi de Moïse. Il se sent supérieur aux autres : « je ne suis pas comme les autres hommes », dit-il. Le délinquant sait que son peuple le considère comme un pêcheur public. Il se sert allègrement dans l’impôt qu’il collecte. Il collabore avec l’envahisseur romain. Lui aussi croit en Dieu, et sans oser se faire voir en avançant tout près du tabernacle, il demande à Dieu de le sauver, malgré ce qui est et qui peut-être ne changera jamais.

Les apparences sont trompeuses ! Au début de la parabole, le vertueux, présentant son passeport, était convaincu d’être juste. Mais à la fin de la parabole, c’est le délinquant, qui rentre chez lui, rendue juste par le Seigneur. Sa prière ressemblait à celle de Saint-Pierre, après la pêche miraculeuse : (Luc 5,8) « Eloigne-toi de moi, Seigneur, je ne suis qu’un pêcheur ».

                                    Quel passeport faut-il donc avoir ?

            La vertu ? « Seigneur je ne suis pas comme les autres : voleurs, injustes, adultères » … La vertu est bonne, mais ne suffit pas. Rappelons-nous la parabole des dix vierges, qui attendent l’époux. Si l’on considère la virginité devant Dieu, comme une vertu, pourtant, dit Jésus, seuls 5 d’entre elles entreront dans la salle des noces, car elles ont l’huile !

                                    Quel passeport doit-on avoir ?

            Faire des prières d’action de grâces ? C’est ce que fait le vertueux : « Mon Dieu, je te rends grâce » ! Mais sa prière manifeste qu’il n’aime personne : « je te rends grâce, parce que je ne suis pas comme les autres hommes ». Il va jusqu’à attribuer à Dieu le fait d’être meilleur que les autres. Son orgueil se pare d’humilité. Il ne s’adresse à Dieu que pour se contempler. C’est un vrai faux passeport, où tout semble juste et pourtant tout est faux ! Saint-Paul écrira un jour : « j’aurais beau parler toutes les langues des anges et des hommes, j’aurais beau donner tous mes biens aux pauvres, … s’il me manque l’Amour, je ne suis rien qu’une cymbale qui retentit ». Voilà un homme invivable ! Le délinquant, lui, en appelle à Dieu pour le sauver, reconnaissant qu’il n’est pas à la hauteur. Il ne se situe pas par rapport aux autres, mais par rapport à lui-même : « Regarde Seigneur le pêcheur que je suis ». C’est ce qu’écrit Saint-Jean dans sa lettre : « Si votre cœur vous condamne, croyez que Dieu est plus grand que votre cœur. »

                                    Quel passeport doit-on avoir ?

            Aimer Dieu et son prochain ! Comme Marie, qui rends grâce : « Mon âme exalte le Seigneur, il s’est penché sur son humble servante » et met son don de Dieu au service des autres, en ne retenant pas pour elle, celui que l’Esprit Saint lui a donné d’enfanter.

Comme d’habitude, nous avons commencé notre prière, comme le délinquant, en nous reconnaissant pécheurs. Chaque messe est un événement rempli de la Miséricorde et de la Tendresse de Dieu envers chacun d’entre nous. Que cela nourrisse notre action de grâces, puisqu’avec nous, Dieu accepte ceux qui nous sont différents.

Dimanche 20 octobre 2019 

29° ordinaire C 

Luc 18,1-8

                                               A l’entrée de la plupart de nos églises, en évidence, vous pouvez trouver un cahier et un stylo. C’est un « coffret à prières » ! N’hésitez pas à l’ouvrir et à le parcourir, pas pour jouer au voyeur, mais pour relayer ces prières vers le Ciel ! C’est pour cela qu’elles nous sont confiées. Nombre de personnes, qui nous confient leur prière, sont dans la situation de cette veuve, dont nous parle Jésus aujourd’hui.
            Comme la veuve de l’Évangile, ces priants anonymes vivent une situation très précise et n’ont aucun appui proche capable de leur venir en aide. 
           Ces prières sont un témoignage de Foi, leurs auteurs ont recours à Celui, qui est l’autorité suprême et ils ont raison, car Jésus dit : « Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient jour et nuit ? » Jésus nous a laissé une prière : le Notre Père ! Mais trop souvent on n’en fait une récitation pour riche, en bonne santé et on la débite à toute vitesse, comme un devoir de croyants, sans prendre le temps d’écouter le prêtre, qui, en notre nom la complète en disant : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur, donne la paix à notre temps, … rassure-nous devant les épreuves, en cette vie, où nous espérons le bonheur que tu promets ».

Pour Jésus, la prière ne consiste pas à demander à Dieu que sa volonté soit faite, en vrac et d’une manière générale. La prière doit porter sur des situations de la vie quotidienne, des situations précises. C’est ce que nous rappelle le « coffret de prière », à l’entrée de nos églises !

            Le désir, exprimé par ces prières, manifeste la foi en la proximité de Dieu. Mais on fait tous l’expérience que nos prières ne produisent pas nécessairement les effets que l’on attend ! La foi fait entrer notre désir dans le désir de Jésus. Le désir de Jésus est que tous les hommes aient la Vie en abondance, dès cette terre. À toute prière, Dieu répond par un cadeau ; mais celui-ci n’aura peut-être pas l’emballage que tu avais imaginé !

            La foi est une force qui nous permet de dépasser toutes les formes de mort et de marcher, malgré les épreuves, avec Jésus, sur les chemins qui nous conduisent à Dieu.

            Mais Jésus conclut son histoire en disant : « Le fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la Foi sur la terre » ?

Dimanche 6 octobre 2019

27° ordinaire C

Luc 17,5-10

Tagore disait un jour : « Je dormais et je rêvais que la vie n’était que joie. Je m’éveillais et je vis que la vie n’est que service. Je servis et je compris que le service est joie ».

            Aujourd’hui, il est question de « serviteurs inutiles », comme dit le texte grec. Certaines traductions atténuent la dureté de ce propos, en parlant de simples serviteurs, ou de serviteur ordinaire ! Mais « inutile » implique que Dieu pourrait bien se passer du service de l’homme. Dieu n’avait pas de nécessité de créer l’homme. Il a voulu par pure gratuité pour lui communiquer son Amour. De même, Dieu ne nous est pas utile. Faire les travaux, mettre la table et servir le repas du maître, dit Jésus, même au-delà des 35 heures, ne peut pas être un calcul pour être félicité. De même nos actions solidaires et humanistes, ne mettent pas Dieu en dette avec nous !

Mais, dans ce passage d’évangile, qui nous traite d’inutiles ? Si vous avez bien écouté, ce n’est pas le maître ! « Dites-vous : nous ne sommes que des serviteurs inutiles. » C’est la prise de conscience des serviteurs, eux-mêmes. Il y a de la joie à servir gratuitement. Angélus Silesius dit : « La Rose fleurit sans pourquoi » !

                                    « Serviteurs inutiles » ! Ce terme se retrouve 2 fois dans la Bible : ici et en Matthieu 25,30, avec la parabole des talents. « Ce serviteur inutile, bon à rien, jetez-le dehors » ! Cette fois-ci, c’est le maître qui traite son serviteur d’inutile, puisqu’il ne s’en rend pas compte lui-même ! Tout serviteur est invité à se découvrir inutile et pourtant s’il ne fait pas fructifier son talent, il est jeté dehors. Il nous faut tenir ensemble ces 2 figures du serviteur inutile, apparemment contradictoires : servir le monde en y faisant progresser la justice et la paix, sans s’enorgueillir des réussites et en même temps ne pas stériliser les talents reçus.

            La sagesse populaire dit : « Quand on aime, on ne compte pas ses heures » ! C’est notre Foi, en l’amour indéfectible de Dieu, qui nous fera trouver notre joie dans le service, comme disait Tagore.

                                    Alors, notre prière, aujourd’hui, pourrait se formuler ainsi : Seigneur augmente en nous la Foi ! Mais attention ! La Foi n’est pas comme la crème chantilly qu’on met sur le gâteau, on ne peut pas en recevoir une cuillère de plus ! C’est par la pratique de l’amour du prochain et de l’amour de Dieu, que se développe la Foi. Peu à peu, l’amour de Dieu lui-même irriguera toute notre vie. Jésus, dans les derniers jours de sa vie terrestre, se présentait ainsi : « Je suis, parmi vous, comme celui qui sert ». C’est dans l’amour, dont nous sommes aimés de Dieu, qu’il nous faut entrer.

Dimanche 29 septembre 2019

 26° ordinaire C

Luc 16,19-31.

                                    Voilà une parabole brûlante d’actualité. Les « Lazares » ne se comptent plus, à notre époque : tous ces sans-abris, ces mamans célibataires qui cherchent un recours avec la loi Dalo, ces cargaisons de migrants, repêchés en Méditerranée… Et il y a un malaise si on se regarde les uns les autres, rassemblés en église ! On serait plutôt du côté de celui, qui est voué au châtiment éternel !

            Mais l’Évangile, qui se traduit Bonne Nouvelle, n’est pas là pour nous faire peur. Il est le livre de la Révélation. Il nous révèle le visage du Christ, fils de Dieu. C’est la passion de Jésus, qui est ici mise en lumière avant l’heure…

            1) Le riche appelle le ciel : Père Abraham, s’il te plaît… Jésus a pris la place de l’homme condamné. Comme l’homme riche, il sait que rien n’est impossible à Dieu. Il se tourne vers le Père : Père si c’est possible, que cette coupe s’éloigne loin de moi… Pourquoi m’as-tu abandonné ?

            2) Le riche se tourne du côté de la terre : Je t’en prie, envoie Lazare, tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre dans cette fournaise… Comme le riche, Jésus crie : j’ai soif ! Et il ne lui sera présenté que l’amertume de la vie : une éponge imbibée de fiel et de vinaigre…

            Cette parabole nous présente d’une part l’homme dans sa misère et d’autre part la Divinité et la grandeur du fils de Dieu, qui nous rejoint. C’est la condamnation méritée du riche et sa réparation opérée sur la croix par le Christ.

Et en chemin, « ils furent purifiés ». Et là, le moment de leur délivrance va être aussi celui de leur séparation. Un des dix revient sur ses pas, en glorifions Dieu à pleine voix ! Il a reconnu qu’en retournant à Jésus et non au Temple, c’était la meilleure façon de rendre gloire à Dieu. Il a perçu que le monde ne tourne pas autour du Temple ; mais revenant sur ses pas, il découvre que Dieu était sur son chemin. Désormais, il ne veut plus de distance entre Jésus et lui.

            Jésus s’étonne ! Les 9 autres ont rejoint leur synagogue en se coupant du samaritain et de Jésus, qui avait été touché par leur appel.

            « Relève-toi et va, ta foi t’a sauvé » dit Jésus au numéro 10 ! La foi n’a rien à voir avec la religion, même si la religion peut entretenir la foi ! La foi que Jésus reconnaît en ce Samaritain, c’est celle qui met en route, quand parfois la religion met des barrières et des interdits. « Relève-toi, avance, prend la route » !

            Oui, mais pour aller où ? Pour rejoindre ton voisin dont il faut faire un frère. Jésus nous apprenant à prier disait : Dites, Notre Père, qui est aux cieux, pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons ». Et pardonner, c’est transformer le voisin ennemi, en frère ! Notre voisin n’est plus à subir, mais à supporter, commence comme on supporte le club de notre village !

                                    Le riche de la parabole n’a pas de nom. On pourrait lui prêter notre prénom ! Par distraction, il n’a pas vu la détresse du pauvre. On pourrait lui prêter les paroles du galérien : « Je me souviens, ma mère m’aimait et je suis aux galères. Je me souviens, ma mère disait, mais je n’ai pas cru ma mère. Je n’ai pas tué, je n’ai pas volé… Je voulais que chaque jour soit dimanche. Je n’ai pas tué, je n’ai pas volé, mais je n’ai pas cru ma mère et je me souviens qu’elle m’aimait pendant que je rame aux galères » … Eh oui, ce riche, qui faisait dimanche chaque jour, n’a pas vu le pauvre à sa porte.

            Le pauvre lui, a un nom : El’asard, ce qui signifie : Dieu a secouru. C’est ce que Marie chantait dans son magnificat : « Dieu comble de bien les affamés, renvoie les riches les mains vides ». C’est cette bonne nouvelle que Jésus apporte au monde, quand il dit : « Heureux vous les pauvres, le royaume de Dieu et à vous ».

            Aujourd’hui, il y a pire que ce riche de la parabole. Il n’a pas eu le souci du pauvre qui s’est installé chez lui ; mais néanmoins, lui, n’a pas chassé le pauvre hors de son territoire !

            « Je me souviens, ma mère disait », note le galérien de la chanson. Et Abraham disait au riche : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, quelqu’un pourrait bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus ».

            Qui, aujourd’hui, est cette mère du galérien ? C’est l’église, qui nous rappelle la parole de Moïse et des Prophètes ! Prions pour qu’elle soit fidèle à sa mission de solidarité et de fraternité. Prions pour qu’elle ne nous endorme pas avec de beaux festins agrémentés de chants, de musique et d’encens…

Dimanche 22 septembre 2019 

 25° ordinaire C

Luc 16,1-13

                                    Jésus nous parle aujourd’hui d’un bien qui nous est indispensable pour vivre en société : l’argent ! Il n’y a pas d’humanité, sans échange et donc sans argent. Si nécessaire et si bon soit-il, Jésus nous dit qu’il peut être trompeur.

            Rappelez-vous, quelque temps avant la passion, Jésus est invité chez Simon de Béthanie et arrive une femme qui répand sur sa tête un parfum de grande valeur. A Judas qui s’indigne, parce qu’il y en avait pour au moins 300 deniers, qui aurait été bienvenu pour les pauvres, Jésus répond : « Elle a fait cela, en vue de ma sépulture », annonçant ainsi sa prochaine Résurrection. Et la semaine d’après, ce même Judas, reçoit 30 deniers, parce qu’il livre Jésus.

            Et dans la vraie vie ! Dans quelques instants, vous allez être sollicités pour la quête, que le prêtre présentera en offrande avec le pain et le vin. Vous allez offrir une partie de ce qui vous est indispensable pour vivre, pour que l’Eglise puisse continuer sa mission et accueillir les plus pauvres. Cela est bon et ce serait dommage que ce rite hérité de l’église des premiers siècles, soit dématérialisé ! En même temps, des milliards d’êtres humains vivent aujourd’hui « sous le seuil de pauvreté ». Voilà une profonde injustice, que crée ce même argent ! Un autre exemple : Si nous parlions des jeux d’argent ? Ils ont tellement de succès, que la Française des Jeux rivalise d’ingéniosité pour en mettre sans arrêt de nouveaux, sur les banques de nos bureaux de tabac ! À ce propos, le catéchisme de l’église catholique dit au numéro 2413 : « Les jeux de hasard où les paris ne sont pas en eux-mêmes contraires à la justice. Ils deviennent moralement inacceptables lorsqu’ils privent la personne de ce qui lui est nécessaire pour subvenir à ses besoins et à ceux d’autrui. La passion du jeu risque de devenir un asservissement grave ».

Le gérant indélicat de la parabole est à la veille de perdre son emploi et donc de se retrouver sans argent. Mettons-nous à sa place ! Comme lui, on aurait pu dire : « Tu me dois 100 barils d’huile, assieds-toi, prends ton reçu et écrit 50 », et on aurait pu ajouter : signe-moi un autre papier, où tu t’engages à me livrer 25 barils, dès que tu le pourras. Ainsi le gérant et le débiteur seraient gagnants ! Mais cela n’aurait pas été prudent ! Et le débiteur du moment n’en serait pas moins demeuré un débiteur du gérant. Ce gérant est habile dit Jésus. Il a réussi avec l’argent de son maître à créer des relations nouvelles. Il transforme les débiteurs en ami. Il mise son avenir, sur des hommes qui ne lui devront rien. Il croit plus à l’amitié, qu’au pouvoir de l’argent. En misant sur la confiance, il la suscite.

            Voilà l’attitude que Jésus attend du croyant. L’amitié de Dieu et entre nous est le seul bien, qui demeure pour l’Eternité. Vivre les uns avec les autres et les uns pour les autres, c’est vivre comme Dieu. Et Dieu nous confie les uns aux autres. Dieu n’a pas de main, si ce n’est celle que tu tends aux autres ! Dieu n’a pas d’oreilles, si ce n’est celle que tu prêtes à celui et celle qui croisent ton chemin.

                                    Reprenons, dans nos maisons, le bénédicité, que le prêtre prononce en notre nom, à chacune de nos messes :

            Béni soit tu seigneur, toi qui nous donnes ce pain et ce vin, fruits de la terre que tu nous as confiée et de notre travail à tous. Nous te présentons en même temps nos personnes, nos biens, notre argent. Que par la force de l’Esprit Saint, ils deviennent vie, solidarité, fraternité universelle.

Dimanche 15 septembre 2019 

  24° du temps ordinaire C

Luc 15,1-32.

                                    Les 3 paraboles de Jésus nous donnent un portrait du visage de Dieu, que déjà à la première page de la Bible esquissait. Dans le livre de la genèse, Adam et Eve se cachent. Ils se mettent à distance du Père créateur et à distance l’un de l’autre. Mais Dieu appelle l’homme : « Adam, où es-tu ? » C’est ce que chantait Brassens : « Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid… et par le mendiant retrouvant sa monnaie : je vous salue, Marie ». Où es-tu brebis perdue ? « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue » ! Ma pièce de monnaie, où es-tu ? « Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce que j’avais perdue » ! Où es-tu mon fils cadet ? Où es-tu mon fils aîné ? « Allez chercher le veau gras, tuez- le, mangeons et festoyons, car mon fils était perdu et il est retrouvé » !

            Tout à l’heure, nous allons dire : Je crois en Dieu le Père tout-puissant ! Mais qu’est-ce que cela veut dire, pour notre monde d’aujourd’hui ? C’est quoi cette toute-puissance, à laquelle nous faisons si souvent appel, quand nous traversons des épreuves ? Jésus nous dit aujourd’hui : N’aie pas peur ! La toute-puissance de Dieu a quelque chose à voir avec la tendresse et non la force. Dieu est patient. Il attend celui qui manque. Il croit en l’homme contre toute espérance. Dieu est ce Père jamais consolé. Il n’arrive pas à réunir ses 2 fils à la maison. Lorsque l’un demeure, l’autre s’en va, et lorsque l’un revient, l’autre part… Dieu est en souci : il veut réunir dans la joie ses 2 fils. Sa toute-puissance, c’est son espérance et sa patience, car il croit en l’homme.

Un mot revient, comme un refrain, dans ce passage d’évangile, c’est : « perdu » ! Perdu, rime avec exclu ! La pièce se retrouve exclue du porte-monnaie. La brebis se retrouve exclue du troupeau. Le fils prodigue se retrouve exclu de la famille et le fils aîné s’exclut de la fête… Être exclu, mis à l’écart, indésirable, voilà le plus grand des malheurs humains. À 50 ans, si ton entreprise traversant des difficultés doit te licencier, te voilà sans avenir. L’étranger sans-papier, traqué par la police, sous le coup d’une OQTF, (obligation de quitter le territoire français) est perdu, comme la brebis hors du troupeau.

            L’appel de Dieu à Adam, du début de la Bible, se concrétise à travers les actes et l’enseignement de Jésus. C’est pourquoi, Saint Luc note : « les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus ». Ils se savent désirés, attendus, recherchés, comme la brebis et le fils prodigue. L’église d’aujourd’hui, comme les apôtres hier, entend Jésus lui dire : « Faites ceci en mémoire de moi ». Mais notre pape François, dit à l’église : « Méfiez-vous des clercs. Vous n’avez pas pas besoin d’eux, pour faire œuvre d’évangélisation » ! J’en prends pour mon grade, puisque je suis un clerc de l’église ! C’est vrai, que, particulièrement ces temps d’aujourd’hui, l’église officielle prônée par les clercs, donne une telle importance aux principes moraux, qu’elle en oublie son rôle d’aider celles et ceux, que le poids de leurs fautes écrase. Comme le père du prodigue, comme Jésus qui faisait bon accueil au publicains et aux pécheurs, il nous faut rendre à chacun sa dignité. Le père revêt un vêtement neuf au cadet, pour lui permettre de relever la tête, même si sa motivation d’aujourd’hui, lui était dictée par son ventre affamé ! Quelle tristesse, quand l’église exclut certains, du repas de fête qu’est l’eucharistie !

                                    Si Dieu me prête vie, dans 3 ans, quand reviendra cet Évangile, je vous parlerai de la fête, omniprésente dans ces 3 paraboles…

Dimanche 8 septembre 2019

23° ordinaire C

Luc 14,25-33.

                                    Ou est-il le doux Jésus de mon enfance ? Vous avez entendu Jésus : « Si quelqu’un vient à moi, sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple » … Quel détachement ! Dans le catalogue des grandes religions, il n’y a que le bouddhisme pour prôner un tel détachement total, sauf que dans le bouddhisme, il s’agit d’éteindre toute passion, afin d’échapper à la souffrance que peuvent provoquer les arrachements, qui s’opèrent dans l’existence… Les musulmans utilisent souvent ces quelques versets pour dire que le message de Jésus est violent et forme ses disciples à la haine de la famille, au prosélytisme et au fanatisme…    

            Pour entrer dans la pensée de Jésus, il nous faut quitter une lecture littérale de l’Évangile, sinon nous finirons tous aveugles, manchots et estropiés, puisque Jésus dit par ailleurs, qu’il faut arracher, couper les membres qui nous entraînent au mal !  Pour rentrer dans le projet que Jésus a sur nous, il ne faut pas isoler cette phrase, du reste de l’Évangile. Ce n’est pas pour rien, que Jésus propose tout de suite deux paraboles. 

            Dans ces 2 paraboles, Jésus nous propose d’abord de nous asseoir. S’asseoir pour bien poser notre désir.

On le fait déjà, quand on cherche une solution au réchauffement climatique, au problème du chômage, du logement, etc.… On consulte des experts, on mène des enquêtes, on vérifie l’enveloppe financière dont on dispose… S’asseoir, on le fait déjà, quand un jeune garçon et une jeune fille, envisagent de quitter leurs parents pour se marier. Ils le font déjà, le jeune garçon et la jeune fille qui envisagent de rentrer au couvent ou dans les ordres, il leur faudra 2 ans et parfois plus, de discernement avec l’église…. 

            Pour Jésus, on ne peut vivre le christianisme, si on ne le fait pas de façon sérieuse. C’est le but de ce que nous appelons « la révision de vie : prier, voir, juger, agir ». Jésus insiste constamment sur les exigences de marcher à sa suite : la porte étroite à passer où il faut absolument debater le chameau ; la croix à porter ; utiliser nos talents ; porter du fruit… 

            Toute notre vie, nous avons des milliers de décisions à prendre. On avance de choix en choix. Et choisir, c’est quitter ! Mais qu’est-ce que veut dire quitter ? Jésus nous invite à nous élever au même niveau d’amour que lui. Alors, aujourd’hui, mettons nos pas dans les siens. Et avec le psaume 89, nous pourrons dire : « Seigneur apprends-nous la vraie mesure de nos jours… Que viennent sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Oui, consolide l’ouvrage de nos mains » …

            D’autres l’ont vécu avant nous. Saint-François-d ’Assise, renonçant à tout, a connu le plus grand amour des Créatures de Dieu. Thérèse de Lisieux, dans son couvent avait tout donné, car elle voulait tout !

            Tout cela se passe, comme à l’offertoire de la messe. Après la quête, le prêtre prend notre offrande et offre à Dieu ce pain et ce vin. Puis, il nous remet à la communion ce pain et ce vin devenus Corps et Sang du Christ, donnés pour le monde. Dans le don, rien ne se perd, tout se transforme !

Alléluia ! Béni soit tu, Seigneur !

Dimanche 1° septembre 2019 

 22° ordinaire C 

 Siracide 3,17-29 ; Luc 14,1. 7-14.

                                    Jésus dit : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas des amis, sinon eux aussi t’inviteraient en retour et la politesse te serait rendue. Au contraire, invite des pauvres, et tu seras heureux, parce qu’ils n’ont rien à te rendre. »

            Attention ! Jésus nous révèle, dans un premier temps, qui est Dieu. Dieu est heureux, car il invite, sans espérer que la politesse lui soit rendue… Quel bonheur pour lui, car les hommes n’ont rien d’équivalent à lui rendre ! Pour ma part ça fait presque 70 ans qu’il me donne la vie chaque matin, qu’il me donne la création, sans rien espérer en retour ! Et toi, ça fait combien de temps ? Aveugle, boiteux, pauvres, nous profitons des dons de Dieu, sans nous soucier de lui montrer notre reconnaissance, la plupart du temps.

            « Tu seras heureux, car ils n’ont rien à te rendre », dit Jésus. Il nous dit ainsi, combien Dieu est heureux ! Mais, ceux qui ont le plus de chance, c’est chacun d’entre nous ! Quelle chance nous avons d’avoir un Dieu comme lui ! Dieu se dépense en pure Grâce. Et Jésus vient nous révéler l’amour qu’il porte à chacun.

            Mais Dieu nous offre en plus, la chance de nous mettre à sa place ! Vous avez peut-être vu le film : « Bruce le tout-puissant », sorti il y a quelques années ? Il s’agit d’un Américain, qui se plaint du racisme, de la toute-puissance des lobbys économiques et financiers… Il en veut tellement au bon Dieu, que Dieu lui propose de prendre sa place, durant toute une semaine. Et là, cela provoque une catastrophe planétaire… Bruce utilise la puissance de Dieu pour ce qui l’arrange. Et à la fin de la semaine, Dieu se révèle à Bruce et reprend sa place. Et Bruce découvre que Dieu est un noir…

            « Ne va pas t’installer à la première place », dit Jésus.

La vie, nous dit Jésus, est comme repas, un lieu de partage, de solidarité, d’entraide. Mais cela nous est difficile à comprendre. Nous vivons dans la peur que l’autre nous dépasse et prenne la première place. Un humoriste français, racontait cette histoire : Un étranger est venu s’installer au village. « Il vient manger le pain des Français », disait-on sur son passage. Finalement, on l’a tellement harcelé, qu’il a quitté le village. Et désormais, il n’y a plus de pain dans le village, car c’était lui le boulanger… « Faites ceci en mémoire de moi » dit Jésus, lors du dernier repas qu’il partage avec ses apôtres. Mais à l’aune de notre temps, c’est un monde invivable que propose Jésus ! Comment vivre lorsqu’ayant tout donné il ne me reste plus rien ? Si on donne tout, on va se retrouver au rang des pauvres, des estropiés, des aveugles, au rang de ceux qui attendent tout des autres. C’est la place que Dieu a choisie, nous dit Jésus. Il nous faut ainsi comprendre, que l’acte de donner et celui de recevoir ne font qu’un. Il est bon, dit Jésus, d’être invité et de répondre. Mais la façon de donner est aussi délicate que celle de répondre. Être invité, consiste à se laisser recevoir, à accueillir la place qu’on nous présente.

                                    L’humilité que nous propose Jésus, consiste à sortir l’autre de l’humiliation. Si notre travail nous fait gagner la terre, seule la solidarité et le partage nous font gagner le ciel !

Dimanche 25 août 2019

 21° ordinaire C

Luc 13,22-30.

Jésus est en marche vers Jérusalem. C’est dans cette ville qu’il va aimer l’humanité jusqu’à en mourir. D’ici peu de temps, tout homme et toute femme seront sauvés par l’amour que Dieu leur porte…

            Plusieurs fois par an, la mort nous sépare d’un ami ou d’un voisin. Alors Johan Baez criait : « Que me sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus et tant aimés » ? C’est aussi notre question : Qu’en est-il de la Vie après la vie ? C’était aussi la question des rescapés d’Israël, au retour de l’exil. (Isaïe 66,18–21) et Dieu envoya son prophète Isaïe leur dire : Je suis Dieu pour tous. De toutes les nations je vais rassembler les hommes sur ma Montagne sainte…

            La prophétie d’Isaïe est-elle compatible avec la parole de Jésus que nous venons d’entendre ? « Il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes et que vous serez jetés dehors ». Non, si nous arrêtons la notre lecture ! Mais il nous faut écouter Jésus jusqu’au bout. Jésus ajoute : « Il y a des derniers, qui seront premiers, et des premiers, qui seront derniers ». Au bout du compte, parce que Dieu ne se résigne pas à notre malheur, l’humanité tout entière sera sauvée par Grâce, même celles et ceux, qui refusant d’aimer sur cette terre, se retrouve dans les pleurs et les grincements de dents. Pour Jésus, aucun homme n’est définitivement perdu. Tout au plus, ils seront les derniers ! Dommage, que connaissant l’amour, ils se soient attardés à faire le malheur !

 

Dieu est bon ! Il nous a fait pour le bonheur des maintenant. Chaque fois que nous aimons, allant parfois jusqu’à oublier notre propre bonheur, car celui des autres nous importe plus, chaque fois, c’est déjà pour nous l’entrée dans le Royaume de Dieu. Jésus nous invite à rester les pieds sur terre, là où nous avons prise avec le réel !
« Seigneur ouvre nous, nous avons mangé et bu en ta présence et tu enseignais sur nos places ». C’est vrai. C’est ce que chante Michel Polnareff : On ira tous au paradis, qu’on soit béni ou qu’on soit maudit, on ira. Toutes les bonnes sœurs et tous les voleurs, toutes les brebis et tous les bandits, on ira tous au paradis » ! C’est vrai. Dieu règne lorsque l’humanité entière partage la vie comme repas de fête : « On viendra de L’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, prendre place. »
Mais Dieu veut que nous devenions des aujourd’hui ce que nous sommes appelés à devenir : Frères en humanité ! Le salut est déjà là dans l’étroitesse de nos vies, quand un autre vient nous consoler. Il est là, quand nous apaisons la faim et la soif des populations du Sahel. Il est là, quand nous proposons un hébergement aux migrants fatigués. Chaque instant de nos vies est la porte étroite, par où passe le Salut de Dieu.
On ira tous au paradis, mais pas comme on se précipite au magasin climatisé, le premier jour des soldes ! Si tu as joué des coudes, sans un regard pour les moins lestes que toi, tu auras beau montrer ton carton d’invitation, Jésus te dira : « Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi vous qui faites le mal… Il y a des premiers qui seront derniers… » La porte est étroite, c’est celle du service.

 Dimanche 18 août 2019

20° dimanche ordinaire C 

Luc 12,49-53.

« Allumer le feu ! » Ça vous rappelle Pentecôte, avec le cri de Johnny Hallyday ! « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé », dit Jésus.

En parcourant les pages de la Bible, nous constatons que le feu représente Dieu lui-même. Il était là dans le buisson ardent que découvre Moïse. Il était là sous la forme d’une colonne qui guidait le peuple sorti d’Égypte et en marche vers la Terre Promise. Il est là aussi, lors du jugement dernier, en purifiant les bons et consumant les mauvais. Et en Saint Luc il représente l’enthousiasme qui brûle au cœur des disciples d’Emmaüs : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant, tandis que Jésus nous expliquait les écritures » … Jean le Baptiste l’avait annoncé : « Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ».

 

Le message de Jésus est un feu allumé sur la terre. Chaque baptisé sait désormais, qu’il lui arrivera d’être un signe de contradiction, s’il veut rester fidèle à Jésus Christ. Jésus et son message bouscule les inerties, chavire nos habitudes, balaye les idées reçues. Si nous acceptons d’inscrire au cœur de notre existence, le fait de notre appartenance au Christ. Cela nous nous emmènera plus loin que l’exigence de venir à la messe. Il nous faudra, au quotidien, défendre les valeurs évangéliques de vie : l’attention aux pauvres, à l’isolé, à l’étranger…

Mais déjà, l’attitude de Jésus nous rejoint quand nous souhaitons sincèrement que la foi transforme le monde et que l’Évangile apporte un peu plus de bonheur et de joie. Un exemple : nous militons pour une église verte et notre patience est mise à l’épreuve, parce que les choses ne progressent pas assez vite. Et au niveau de notre pays, on en est à notre 3e ministre de l’écologie. Ça n’avance pas ! C’est la division ! Comment, comme chrétiens, ne pas souffrir devant une société, qui, aujourd’hui, ne respectent plus l’homme ? Le bon et doux Jésus n’a pas tout accepté, sinon il serait mort de vieillesse ! Mais nous, tant de peur nous habitent. Le feu dont parle Jésus, c’est ce courage que nous donne l’Esprit Saint, de ne pas fermer les yeux pour avoir la conscience tranquille.

Il y a des paix trompeuses ! En effet, elles nous endorment car elles sont construites sur des compromissions et des silences.

Jésus Christ est impatient de nous voir devenir des disciples passionnés. « Si vous êtes chrétiens, beaucoup se réchaufferont à ce feu. Mais le jour où vous ne brûlez pas d’amour, d’autres mourront de froid », écrivait François Mauriac.

 

 

Jeudi 15 août 2019 

 LUC 1,39-56

Vous avez remarqué, aujourd’hui est un jour férié, le seul jour férié dédié à la vierge Marie ! Vous avez remarqué, que dans les Évangiles, il n’y a rien qui nous parle de l’Assomption de Marie, rien qui nous parle de sa fin de vie ! C’est que la fête de ce jour, au cœur de l’été, nous vient de la Tradition.

                Au début de l’église, Marie est vénérée, comme mère de Dieu, car sans elle nous n’aurions pas accueilli Jésus. C’est ce que nous dit l’Évangile que nous venons d’entendre. Puis nos frères orientaux ont parlé de la Dormition de la Vierge. C’est-à-dire, qu’à la fin de sa vie, Marie se serait endormie comme tout le monde ; mais que son corps, qui avait donné naissance à Jésus, n’a pas pu connaître la dégradation de la mort. En Occident, on a parlé de l’Assomption de Marie : elle aurait été emportée auprès du Père et de son Fils. En définissant le dogme de l’Assomption, le pape Pie XII précisait : « Cette fête ne rappelle pas seulement que le corps inanimé de Marie n’a subi aucune corruption ; mais aussi qu’elle a triomphé de la mort et qu’elle a été glorifiée dans le Ciel » … (le 1er novembre 1950). C’est ce que nous disait Saint-Paul (1Co 15,20–27) : « C’est en Adam que meurent tous les hommes ; c’est dans le Christ que tous revivront ; mais chacun a son rang : en premier le Christ, et ensuite ceux qui seront au Christ lors de sa venue ».

Dans la liturgie, nous avons un très beau chant, qui nous dit la place de Marie dans l’église : « La première en chemin, Marie, tu nous entraînes, à risquer notre oui aux imprévus de Dieu… Marche avec nous Marie, sur nos chemins de foi. Ils sont chemins vers Dieu » …

                1) le pape Jean-Paul II (Rédemptoris Mater, numéro 18) : « Comme elle est grande, comme elle est héroïque l’obéissance de la foi, dont Marie fait preuve… Par une telle foi, Marie est unie parfaitement au Christ dans son dépouillement » … Et tout l’Évangile nous révèle que l’obéissance de la foi, pour Marie, a été une épreuve. Les mystères joyeux et douloureux de la prière du rosaire rendent Marie tellement proche de nos joies et de nos douleurs. « La première en chemin, Marie tu nous entraînes » …

                2) Dans sa prière d’action de grâces, après avoir remercié Dieu de l’avoir choisie comme humble servante, Marie ne dira plus « je », mais « nous » ! Marie s’identifie au peuple des pauvres, des humbles, des affamés. Elle est solidaire de tous les hommes. « La 1re en chemin, Marie tu nous conduis » …

                                               Dans l’événement de la Visitation que nous venons d’entendre, Marie rejoint Élisabeth avec Jésus en elle. Son seul souci, c’est que tout se passe selon le projet de Dieu. Et l’Assomption couronne son aventure de croyant. Laisse-toi, cette année, entraîner par Marie, la 1re en chemin

 

Dimanche 11 août 2019

19° ordinaire  

Luc ( 12,32-48)

Un de mes oncles me disait un jour : regarde autour de toi. Le monde est ainsi fait. Il y a 1 puce et il y a 1 éléphant ! C’est le 1er point que je relève dans cet Évangile. Dès la création, Dieu a permis l’inégalité pour tous. Il y a 1 puce et 1 éléphant ! Mais en programmant l’inégalité pour tous, Dieu prévoyait la justice pour tous : « A qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui on a beaucoup confié, en réclamant davantage », dit Jésus. Dans le royaume de Dieu, la justice consiste à tenir compte des inégalités !

            Nous n’avons pas tous le même capital au départ. Et le grand âge venant, on n’est toujours pas égaux… Tout ceci est injuste aux yeux des hommes ! Comment allez-vous ? On est là ! Alors que d’autres ne le peuvent pas, cloués chez eux ou en maison spécialisée à cause de la maladie ou du handicap. On vit dans un pays avec un relatif confort et en paix alors que d’autres souffrent famine et guerre… Tout ceci est injuste ! Il y a une puce et un éléphant !

            « Heureux serviteur, que son maître en arrivant trouvera à son travail », dit Jésus…..

Mais quel est ce travail ? C’est devenir des justes, dans un monde injuste ! Ceux qui ont reçu davantage doivent veiller à ce que les autres ne manquent de rien. Ce n’est pas faire l’aumône, c’est faire justice ! C’est la justice du Royaume de Dieu, que les disciples du Christ, ont le devoir de répercuter en ce monde.

                        « Heureux les serviteurs, que le maître à son arrivée, trouvera en train de veiller… Il les fera passer à table et les servira », dit Jésus. Nous ne savons pas l’avenir de notre société, de notre église et même de notre communauté. Mais ce que nous savons dans la foi, c’est qu’il y aura un avenir et que cet avenir est entre les mains de Dieu. Il se réalisera avec notre coopération des ici-bas.

            Quand nous parcourons l’Ancien Testament, nous voyons que l’homme chemine lentement. Il en a fallu du temps au peuple élu pour comprendre et mettre en pratique l’amour de Dieu, qui se destine également aux ennemis de son peuple !

            Mais ne nous dédouanons pas sur la lenteur du cheminement des autres. Aujourd’hui, dans la vraie vie, ne nous arrive-t-il pas de trouver juste, que nos ennemis rencontrent enfin la souffrance sur leur chemin ? Après 21 siècles de rumination du message d’amour et de paix de Jésus, voilà où nous en sommes !

Nous avons encore du chemin à parcourir. « Heureux les serviteurs, que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller », nous dit Jésus. Un de nos chants liturgiques dits ceci :

« Notre Dieu fait toujours ce qui est bon pour l’homme, alléluia, bénissons-le !

Il engendre le corps des enfants de sa grâce, alléluia, bénissons-le !

Pour lui rendre l’amour dont il aime le monde :

Tenons en éveil la mémoire du seigneur, gardons au cœur, le souvenir de ces merveilles » …

Dimanche 4 août 2019

 18° ordinaire C

 Qo 1,2 ; 2,21-23  et  Luc ( 12,13-21)

                                    Ce temps de l’été, qui nous invite au dépaysement et à faire des rencontres, est propice pour faire une relecture de l’année écoulée. En revisitant la réalité de nos jours, nous avons parfois l’impression que tout va mal : épreuve personnelle, les mêmes difficultés qui ressurgissent et dans notre société : chômage, noyade des migrants, attentats… « Vanité des vanités, tout est vanité », disait la première lecture !

            Regardons les deux personnages de l’Évangile. Je remarque d’abord la grande solitude de ces hommes. Le premier avait un frère et désormais il est seul. Il n’a plus de frère, il a un concurrent. L’homme riche, lui aussi est seul. Pas d’héritier direct, personne à qui parler, il n’a plus que lui-même pour l’écouter : « je me dirais à moi-même » !

            Regardons les deux personnages de l’Évangile. Ils sont devant un héritage. Les deux frères ne savent pas se réjouir de ce qu’ils reçoivent. Au lieu de vivre en frère, chacun reste centré sur soi. L’homme qui meurt, sans avoir désigné un légataire, souffre du même mal.

            Notre manière de vivre éclaire le but que nous donnons à notre existence. Il nous faut être en cohérence avec notre foi chrétienne. Avec le credo, nous disons : « Je crois à la vie éternelle ». Cela signifie que nous croyons que notre vie terrestre est une étape et présente le commencement de la vie éternelle. Dieu a mis en nous une capacité d’aimer et d’être aimé et notre travail sur terre consiste à augmenter cette capacité d’aimer, qui nous fera franchir le cap de la mort. « Gardez-vous de tout âpreté au gain, car la vie de l’homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses », dit Jésus. Chacun de nous est le dépositaire de biens matériels, intellectuels et spirituels, pour faire advenir l’amour authentique du royaume de Dieu.

                                    Tout vient de Dieu, à commencer par le don de la vie. Il faut apprendre à nous situer à notre place. Il est bon de nous souvenir que nous ne sommes pas les maîtres absolus de nos existences. Il nous suffit de vivre en frère et notre partage ne se fera pas forcément selon les règles du droit, mais selon les besoins de chacun.

Dimanche 28 juillet 2019 

17° dimanche du temps ordinaire

année C 

Luc 11,1-13

                                                                       L’Évangile selon saint Luc, nous présente une version light de la prière du notre Père, que nous récitons par cœur et qui est la version selon saint Matthieu. Cela pourrait venir d’une différence très ancienne de la liturgie primitive. Mais il nous faut souligner que c’est Luc, qui parle le plus de la prière : « un jour Jésus était en prière » et suite à cet enseignement, Jésus insiste sur la prière de demande et au chapitre 18 il nous rapportera une parabole de Jésus illustrant qu’il faut toujours prier sans se lasser.

            « Seigneur apprends-nous à prier ». Quand tu es allé voir ton assurance, suite aux dégâts de la grêle, tu réclamais ton dû, tu étais dans l’ordre du droit. Mais quand tu demandes un voisin de te dépanner, tu n’es plus dans l’ordre de la justice, tu fais appel à sa bonté. Tu le pries ! Tu entres dans le registre de l’amitié.

            « Seigneur apprend-moi prier » ! Dieu ne nous doit rien, mais nous savons qu’il nous aime. Le prier, c’est entrer dans le registre de l’amour libre et gratuit. Mais tous, nous avons prié et nous n’avons pas toujours reçu ce que nous avons demandé. Suite à l’orage de grêle, alors que je sirotais un café au bistrot, un homme s’est assis à ma table et m’a dit : « vous n’avez pas prié comme il faut » ! Cela signifierait-il que Dieu nous a abandonné à nos propres forces ? Et finalement qu’il ne nous aime pas vraiment ? La vraie vie est celle de notre quotidien où nous nous faisons du souci pour notre santé, pour l’avenir de nos proches. Dieu nous rejoint-t-il dans la vraie vie ? « Demandez et vous recevrez », dit Jésus.

Dimanche 14 juillet 2019

15° dimanche du temps  ordinaire C

Luc 10,25-37.

                        Comme bien souvent à travers l’Évangile, aujourd’hui Jésus, avec cette parabole, nous parle de lui-même. Il est celui qui se rend proche de toute personne en détresse. Il a touché des malades, des paralysés, des exclus, pardonné à la Samaritaine, s’invitant même chez les républicains et les pécheurs. Et Jésus dit à ce docteur de la loi : « va et toi aussi, fait de même », comme il dira à ses apôtres le jeudi saint : « faites ceci en mémoire de moi » !

            Dans la vraie vie, on déplore souvent le manque de proximité vécue. Dans les administrations, tu prends un numéro en entrant et, que tu sois homme ou femme, on t’appelle : le 62, le 59 ! Dans les hôpitaux, quand ils parlent de toi, ils disent : le cardiaque, le dialysé, etc. Où est passée la personne à part entière ? Mais ne leur jetons pas la pierre, car nous ne sommes pas tellement différents. Nos relations, avec celles et ceux qui croisent notre route, ne sont pas toujours de qualité…

« Qui est le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Qui a vécu la proximité avec cet homme dans le besoin ? Un appartement est en feu. Les pompiers s’affairent, les badauds regardent, quand un homme sort de la foule, escalade l’immeuble et sauve un enfant de l’appartement en flamme. Pour récompenser le geste héroïque de ce migrant, l’État français lui a donné la nationalité. On est en plein dans la parabole de Jésus. Et pourtant c’est la vraie vie ! Il n’y a pas si longtemps, le pape François s’est rendu à Lampedusa, petite île italienne où s’échouent de nombreux immigrés africains, fuyant la pauvreté et la guerre. Et ce jour-là, il nous interpelle tous : « j’ai senti que je devais venir ici aujourd’hui, pour prier, pour accomplir un geste de proximité ; mais aussi réveiller nos consciences, afin que ce qui est arrivé ne se répète pas, ne se répète pas, s’il vous plaît… Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle…, nous sommes tombés dans l’attitude hypocrite du prêtre et du serviteur de l’autel, dont parle la parabole… Nous pensons peut-être : « Ah, le pauvre » ! Nous continuons notre route, … nous sommes tombés dans la mondialisation de l’indifférence… »

            C’est à chacun de nous que le Seigneur et le pape François s’adresse aujourd’hui. J’étais très peiné, quant à la mi-mai, j’ai découvert le nouveau « guide » de notre paroisse. Il est magnifique : en couleur, illustré de nombreuses photos. On y présente tout ce qui peut aider les paroissiens à retrouver le goût de la prière personnelle et communautaire. On y présente tout ce qui existe en rapport à l’enseignement et la catéchèse chrétienne. Mais, où est passé le service de la charité, que toute paroisse catholique a le devoir de promouvoir ? Rien sur la plaquette ! Et pourtant les hommes et les femmes blessées ne manquent pas dans notre ville et nos villages et la plupart ne participent pas à nos célébrations dominicales. Ou vont-ils pouvoir trouver un nom et un numéro de téléphone pour rejoindre le secours catholique, l’œuvre de Saint-Vincent-de-Paul, le CCFD ? Ou vont-ils pouvoir s’adresser quand il souffre d’un deuil ? Comment sauront-ils que « Espérance et Vie » leur permet de rencontrer d’autres veufs et veuves et de se réconforter ensembles ? Comment sera connu Astir, qui accompagne les migrants dans leur démarche et les familles françaises qui leur viennent en aide ?

            En Matthieu 25, Jésus nous parle du jugement dernier. Il porte tout entier sur notre proximité avec les souffrants. « J’avais faim, j’étais malade, j’étais nu, j’étais étranger… et vous m’avez accueilli » ! Alors, frères et sœurs, réveillons notre paroisse. C’est à chacun de nous que Jésus dit : Va et fait de même. Oui, faites ceci en mémoire de moi… Le pape François nous dit : « Je vois l’église, comme un hôpital de campagne ». Khalil Gibran, dans son livre : « le Prophète », écrit : « Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion… Si vous voulez connaître Dieu, ne soyez pas préoccupés de résoudre des énigmes. Regardez plutôt autour de vous… »

Dimanche 7 juillet

Tout d’abord, éliminer une tentation ! « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers… », dit Jésus. Certes, il nous faut prier pour les vocations ; mais la tentation est grande de penser que ces ouvriers doivent être prêtres, missionnaires, religieux consacrés. En Luc : 9,1–6, Jésus avait envoyé les 12 apôtres en mission. Aujourd’hui, au chapitre 10, il envoie 72 disciples en mission. C’est 6 × 12 ! C’est donc les 12 multipliés par la plénitude : six étant le nombre de jours ou là création a été achevée. 12, comme les 12 tribus d’Israël et 72 comme les 72 peuples du monde entier, dont parle le livre de la genèse… C’est-à-dire que la mission devient le fait de tous.            

« Il les envois 2 par 2 » ! Un seul témoin peut être considéré comme un gourou ! 2, c’est le début de la vie communautaire, c’est déjà l’Eglise, comme les disciples d’Emmaüs au soir de Pâques. Et Jésus les envois « dans toutes les localités où lui-même devait aller ». « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu de », avait-il dit.

« Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » ! Ça veut dire que le témoignage de foi est risqué. Dans ce monde ultralibéral, où l’argent gouverne tout, l’homme est souvent un loup pour l’homme. Il nous envoie comme l’Agneau Pascal, qui donne sa vie. Avec délicatesse et bienveillance, nous sommes invités à imiter Jésus.

            « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales », dit Jésus. Oui, « bienheureux les pauvres », avait dit Jésus sur le monde des Béatitudes. La foi ne s’impose pas, on peut tout au plus en parler, la proposer et surtout en vivre, en l’insérant au plus intime de nos journées. C’est Dieu qui travaille les cœurs. Bernadette de Lourdes disait : « Je ne suis pas chargée de vous convaincre, mais de vous dire » …

            La mission des 72 va être semblable à celle des 12. Ils vont annoncer le Règne de Dieu, comme les 12 expulser les esprits mauvais… Mais ils sont envoyés sans chaussures, alors que les 12 sont des sandales aux pieds ! Et cela, parce qu’ils n’auront pas de kilomètres à parcourir, comme les 12, qui passent de communauté en communauté. Ils sont envoyés là où la vie les a placés.

            « Dans toute maison vous entrerez, dites d’abord : Paix à cette maison ». C’est ce que nous rappelle notre évêque, qui ouvre chacune de nos célébrations, en disant : « la Paix soit avec vous ». La paix, c’est un don de Dieu, qui nous transforme et nous donne la capacité d’entrer en communion avec les autres. N’hésitons pas à venir recevoir cette Paix de Dieu, par les autres, à chaque eucharistie. Elle nous ouvrira le temps présent. Nous goûterons l’instant présent, dans la pauvreté d’une vie reçue. Et nous pourrons alors la partager avec tous ceux qui croisent notre route.

                                    Si nous vivons tout cela, c’est comme si nous disions : « Le Règne de Dieu est tout proche de vous », dit Jésus.

Dimanche 30 juin 2019

                        J’ai envie de vous dire : bonnes vacances ! Mais qui ne part pas ? « Mon père travaille toujours », disait Jésus. Dieu ne laisse pas son poste vacant ! Et de plus, il appelle à sa mission ! Est-ce bien raisonnable cet appel à l’embauche, en cette fin d’année pastorale, où nous ressentons le besoin de souffler un peu ? Pourtant une page d’Évangile nous relate que Jésus, voyant ses apôtres fatigués, leur dit un jour : « Venez vous reposer un peu » … Mais la suite de l’Évangile nous dira, que ce repos ne fut que de courte durée, car la foule, en quête d’un berger, afflue et il faudra les enseigner et leur donner à manger…

Cet appel à sa suite, Jésus nous le relance au début de ce temps de relâche, où la majorité d’entre nous se libèrent de leurs activités habituelles, pour vivre autrement en prenant un bon temps choisi, en accueillant les petits-enfants, etc.… Mais pour Jésus, il n’est pas question de mettre au clou, la croix dont tu as été marqué le jour de ton baptême !

            J’en ai fait l’expérience pendant la cure de trois semaines qu’on m’avait prescrite pour me soigner. Un jour, pour le dernier soin de la matinée, j’étais dans une étuve, dont seule ma tête dépassait. Je n’avais pas de clergyman, pas de croix en travers de la gorge. J’en profitais pour fermer les yeux et prier… Puis au bout d’un moment j’ai senti une présence. J’ouvris les yeux : l’infirmière était là. Elle me dit : « vous êtes prêtre » ? Je répondis : oui. Comment l’avait-elle su ? Rien dans mon dossier médical ne le mentionnait. Peut-être avait-elle senti, que de ce temps contraint, je faisais un espace habité… Et elle me raconta son malheur. Son fils était mort et elle en souffrait beaucoup. Elle voulait que je prie pour elle… Puis je ne l’ai plus revue, dans les jours qui ont suivi. Même le petit « sous pape » que j’étais ne pouvais pas mettre sa croix au clou pendant trois semaines ! Voilà à quoi nous appelle Jésus pour ces mois d’été que nous entamons…

                                    A celui ou celle qui veut le suivre, Jésus répond : « le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ». Ou bien : « laisse les morts enterraient les morts ». Ou bien encore : « celui qui regarde en arrière après avoir mis les mains la charrue, n’est pas digne du Royaume de Dieu » … Etrange façon de faire la promotion, pour une place à ses côtés ! Jésus ne veut pas nous dicter des conduites pratiques. Toute sa prédication à travers l’Évangile n’a été jusque-là que promesse de bonheur. Mais Jésus sait que nous sommes durs à nous mettre en route et que souvent, comme dans la parabole du semeur, nous laissons les oiseaux ou les ronces enlever ou envahir la graine de bonne volonté, qui nous avait fait choisir Jésus comme compagnon de route.

            Son moi, vous ne pouvez rien faire, dit Jésus, comme il l’avait déjà dit avec la parabole des sarments attachés au cep de vigne…

                                    Marcher à sa suite, c’est se laissé toucher par les sans voix, les migrants, les souffrants, les endeuillées… On a trop tendance à penser : il n’y a pas le feu et à remettre à plus tard ! Si je ne suis pas Jésus, même en ce temps d’été, il m’aura distancé et en août ou septembre je ne serai plus en compagnons de route…

            Oui Seigneur, pose ta main sur chacun d’entre nous et sur nos communautés, que nous devenions toujours plus des fidèles passionnés de l’Amour qui est en Toi.

Dimanche 23 Juin – Fête du Saint Sacrement

Il y a quelque temps, je rencontrais des « électro sensible ». Ce sont des personnes, qui deviennent malades, quand elles sont exposées aux ondes électromagnétiques libérées par tous nos appareils connectés. Cette maladie est aujourd’hui reconnue par la médecine. Alors ils ne peuvent plus fréquenter nos bâtiments église où tout est connecté à l’électricité et/ou les pratiquants n’éteignent pas le wi-fi de leurs téléphones portables… Et ces personnes disaient : « nous avons faim de messe » !

J’ai été très touché par cette demande sincère. Et je me disais alors : le SaintSacrement devient-t-il uniquement réservé aux biens portants ? Qu’en pense le Christ, qui nous a laissé ce sacrement, pour que « tous soient rassasiés », comme disait l’Évangile que nous venons d’entendre ? 

 « Nous avons faim de messe » ! Et je suis très triste de voir et entendre, qu’en même temps, des chrétiens s’installent dans l’anorexie, en invoquant mille raisons pour ne plus venir régulièrement à l’eucharistie… Serait-ce qu’on a perdu le sens de ce sacrement que le Christ nous a laissé en héritage ?    L’eucharistie est une action de grâces au seigneur qui nous assure de sa présence réelle, sous les espèces du pain et du vin consacrés. L’eucharistie, c’est le jeudi saint qui se perpétue dans le monde, jusqu’à la fin des temps. Elle manifeste la générosité du cœur de Jésus, qui pour aller jusqu’au bout de l’amour, nous invite à communier à son dynamisme, alors que nous traversons les épreuves de la vie. En dehors de lui, nous sommes comme des sarments secs, qui ne peuvent porter du fruit. « Prenez et mangez », dit Jésus. C’est sa vie que nous recevons pour la faire nôtre. 

 Il y a une continuité entre la multiplication des pains et l’eucharistie, que nous célébrons. « Donner leur vous-même à manger », dit Jésus. Jésus se donne des collaborateurs pour continuer et répandre son geste. Le prêtre aujourd’hui distribue une nourriture qu’il n’a pas créée et qui le dépasse et cela pour tous ceux qui en ont faim, car disait Jésus : « l’homme ne vit pas seulement de pain ». 

 « Tous mangeaient à leur faim », note l’Évangile. C’est le souhait, qui doit habiter chacun de nous. Le Christ se fait « pain de vie » pour rassasier tout être humain d’amour et de lumière, pour que chacun puisse tenir dans l’espérance et devenir un être de bonté, de compassion et de service. 

 Mais le Christ ne se substitue pas à nos solidarités. Il vient seulement appuyer nos efforts. Il peut faire beaucoup avec mêmes les plus petites solidarités. Il nous le montre aujourd’hui, avec les cinq pains et deux poissons qu’on lui offre. 

 Jusqu’où peut aller notre solidarité ? S’il ne sert à rien de manger un bon repas à l’attention d’un anorexique, avec le don de Dieu, tout est possible ! Quand j’étais en formation, un ami séminariste italien, recevait des intentions de messe, avec cette notation : « Communiez à la messe pour moi » … Avec Dieu, tout est possible ! C’est cela les « intentions de messe », que nous apportons prêtre, qui célèbre l’eucharistie… « Et tous furent rassasiés », note l’Évangile ! 

16 Juin 2019

Nous fêtons aujourd’hui la Sainte Trinité. Nous en vivons, sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ! Toutes nos prières commencent par un signe de la croix : « au nom du Père, du fils et du Saint Esprit ». Voilà un hommage à la Sainte Trinité ! Et toutes les oraisons du prêtre à la messe, s’adressent au Père, « par Jésus Christ ton fils, qui vit et règne avec toi dans le Saint Esprit ». Il n’y a pas de prière chrétienne, sans la mention trinitaire…C’est ce que contestent les musulmans, qui refusent que le fils et l’Esprit Saint soient Dieu. C’est ce que contestent les juifs, qui confessent le père comme Dieu, l’esprit comme Dieu agissant au cœur de l’homme, mais refuse que le fils Jésus soit Dieu, égal au Père et à l’esprit… Dans les religions monothéistes, le christianisme se démarque !   

Une petite histoire, pas forcément vraie mais qui est intelligente […]

Un jour, un aumônier de la marine se risque à expliquer la Trinité. Il parle longuement de Dieu le Père, de son fils Jésus Christ et de l’Esprit Saint, comme trois personnes qui ne font qu’un. Un marin lui coupe la parole : Vous ne me ferez jamais croire que 1 + 1 + 1 égale 1 ! Ça donne trois ! L’aumônier répondit : je ne te demande pas d’additionner, mais de multiplier… Peu importe si c’est moi qui fais exister cet aumônier et ce marin ! L’important, c’est de comprendre que Dieu est amour et qu’il multiplie pour nous ses formes de présence comme un don merveilleux à l’homme. La fête de la Sainte Trinité nous invite à contempler la vie divine du Père, du fils et du Saint Esprit : une vie de communion et d’amour parfait. Saint Augustin disait : « Le père est notre créateur, le Fils est notre rédempteur et le Saint Esprit et notre conducteur ». Et le curé d’ars se disait : « Le fils et l’Esprit sont comme deux mains, par lesquelles Dieu façonne le monde et son histoire ».    Le pape François, dans une allocution sur la Sainte Trinité, disait qu’on pouvait y reconnaître « le modèle de l’Eglise ». À l’image de la Sainte Trinité, l’amour dont nous vivons en Eglise est le signe concret, qui manifeste notre foi au Père, au Fils et au Saint Esprit. Jésus avait dit un jour : (Jean12,35) « A ceci, on vous reconnaîtra pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres ». C’est l’Esprit qui, en nous communiquant la vie divine, nous fait entrer dans le dynamisme de la Trinité, qui est un dynamisme d’amour, de communion, de service réciproque, de partage », dit le pape François et il ajoute : « Une famille où l’on s’aime et où l’on s’aide mutuellement est un reflet de la Trinité. Une paroisse où l’on s’aime et où l’on partage les biens spirituels et matériel est un reflet de la Trinité ».  Alors, aujourd’hui, reprenons notre souffle, celui de l’Esprit Saint, présent en nous et autour de nous… Notre vie quotidienne y retrouvera couleurs et saveurs… 

                                                        PASTEUR J.-C. BASSET

 Message de Pentecôte pour le baptême de Lyna

9 juin

 

Introduction

Quelle belle occasion que la célébration d’un baptême, celui de la petite Lyna, lors de la fête de Pentecôte, à laquelle vous avez donné une dimension œcuménique, en m’invitant à y prendre part. Pentecôte, c’est la fête de l’Esprit de Dieu et c’est précisément l’Esprit qui est le lien naturel avec le baptême.

L’Esprit méconnu

A dire vrai, en dehors de Pentecôte et des chrétiens que l’on appelle précisément pentecôtistes ou charismatiques, on n’accorde guère d’importance à l’Esprit Saint. Prenez l’exemple du symbole des Apôtres où l’on récite cette phrase : « Je crois en l’Esprit Saint » sans autre contenu, alors qu’il a tant à dire à propos de Jésus ! Il est des silences éloquents : le Saint Esprit demeure un grand inconnu, pour ne pas dire le grand méconnu, de la théologie, tant catholique que protestante où l’on a trop souvent privilégié le Christ, la Parole au dépens de l’Esprit, la théologie au détriment de la spiritualité.

La première Pentecôte à Jérusalem

Pentecôte est d’abord une fête juive, c’est plus précisément la seconde des trois grandes fêtes dites de pèlerinage qui intervient sept semaines après la Pâque juive ; le terme de pentecôte vient du grec et signifie simplement cinquantième. A l’origine, c’est la fête qui inaugure le temps des moissons, mais déjà à l’époque de Jésus, elle est devenue la fête du don de la Torah dans le Sinaï après la sortie d’Égypte. Aujourd’hui encore dans les synagogues, décorées de fleurs et de plantes, on lit solennellement les 10 paroles ou commandements donnés à Moïse, ainsi que le livre biblique de Ruth où il est question de moissons. Si je vous rapporte ces détails, c’est parce que cette année, la fête juive tombe en même temps que la fête chrétienne.

Le souffle de Dieu

Dans la Bible hébraïque, le souffle de Dieu précède même la parole de Dieu, c’est le souffle de vie que Dieu insuffle dans les narines du premier être humain et c’est par ce souffle que tout être humain se trouve relié à Dieu. C’est ce même souffle, universel et insaisissable, que Jésus compare au vent qui souffle où il veut sans que l’on sache d’où il vient ni où il va !

Je dis souffle parce que c’est le sens premier du mot ruah en hébreu, pneuma en grec et spiritus en latin : le souffle, le vent en tant qu’élément à la fois insaisissable et actif. Depuis la création, le souffle de Dieu plane sur les eaux primordiales et se trouve étroitement lié à l’action de Dieu, perceptible mais invisible.

L’Esprit est ce qui relie l’humain au divin. Alors, se pose la question : qu’avons-nous fait de l’Esprit ? Oui, quelle place lui accordons-nous dans notre vie de foi et de tous les jours, dans notre perception de Dieu et dans notre vision de l’Église ?

 

La question est vitale car comme l’a très bien dit un jour le patriarche de Constantinople Athenagoras  : « Sans l’Esprit Saint, Dieu est lointain, Jésus est dans le passé et l’Évangile reste lettre morte. Sans l’Esprit Saint, l’Église n’est qu’une simple association, l’autorité, une forme de domination, la mission, une vulgaire propagande, la liturgie, une conjuration des esprits et la vie chrétienne, une morale servile »

Le souffle dans nos vie

J’aime à penser que l’Esprit qui nous relie à Dieu, qui inspire nos convictions et nos choix de vie est un esprit qui nous libère et qui nous procure la paix, non seulement par rapport à la mort et à la peur de l’au-delà mais dès la vie ici bas. Pourtant, je ne suis pas sûr que l’Eglise ait toujours donné l’image d’une communauté de personnes libérées, ni surtout que dans nos choix et nos paroles, nous fassions la preuve de cette liberté et de cette paix qui permettent de surmonter les circonstances de la vie.

A l’heure où nos Églises sont en perte de vitesse, où la foi chrétienne est marginalisée ou abandonnée par une majorité de la société, où nos propres enfants ne s’y reconnaissent plus et où nous peinons à assurer la relève, alors que d’autres églises et sur d’autres continents continuent à attirer les fidèles, nous avons besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle inspiration pour trouver les mots et les orientations justes. Nous avons besoin de l’Esprit de Dieu qui fait toute chose nouvelle et dont l’apôtre Paul affirme qu’il habite en chaque chrétien.

Message à Lyna

C’est cet Esprit de lumière et de vie que j’invoque ce matin pour Lyna, ses parents et sa famille qui l’accompagneront dans les premiers pas de la vie et l’aideront à trouver sa place d’enfant de Dieu, dans sa vie personnelle et dans les relations avec les autres.

C’est cet Esprit d’ouverture et de partage que j’implore aujourd’hui pour notre assemblée et toutes les Églises réunies à travers le monde en ce jour de Pentecôte, pour qu’elles trouvent un nouveau souffle et une spiritualité vivante nourrie de l’Évangile, accessibles, comme à la Pentecôte de Jérusalem, à toutes les cultures.

C’est cet Esprit de justice et d’amour que je demande pour toutes les communautés humaines afin qu’elles trouvent les voies du respect mutuel et de l’harmonie avec la nature, contre toutes les exclusions et les repris identitaires.