Homélies du Père Dominique

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Homélies du père philippe

Dimanche 23 Juin – Fête du Saint Sacrement

Il y a quelque temps, je rencontrais des « électro sensible ». Ce sont des personnes, qui deviennent malades, quand elles sont exposées aux ondes électromagnétiques libérées par tous nos appareils connectés. Cette maladie est aujourd’hui reconnue par la médecine. Alors ils ne peuvent plus fréquenter nos bâtiments église où tout est connecté à l’électricité et/ou les pratiquants n’éteignent pas le wi-fi de leurs téléphones portables… Et ces personnes disaient : « nous avons faim de messe » !

J’ai été très touché par cette demande sincère. Et je me disais alors : le SaintSacrement devient-t-il uniquement réservé aux biens portants ? Qu’en pense le Christ, qui nous a laissé ce sacrement, pour que « tous soient rassasiés », comme disait l’Évangile que nous venons d’entendre ? 

 « Nous avons faim de messe » ! Et je suis très triste de voir et entendre, qu’en même temps, des chrétiens s’installent dans l’anorexie, en invoquant mille raisons pour ne plus venir régulièrement à l’eucharistie… Serait-ce qu’on a perdu le sens de ce sacrement que le Christ nous a laissé en héritage ?    L’eucharistie est une action de grâces au seigneur qui nous assure de sa présence réelle, sous les espèces du pain et du vin consacrés. L’eucharistie, c’est le jeudi saint qui se perpétue dans le monde, jusqu’à la fin des temps. Elle manifeste la générosité du cœur de Jésus, qui pour aller jusqu’au bout de l’amour, nous invite à communier à son dynamisme, alors que nous traversons les épreuves de la vie. En dehors de lui, nous sommes comme des sarments secs, qui ne peuvent porter du fruit. « Prenez et mangez », dit Jésus. C’est sa vie que nous recevons pour la faire nôtre. 

 Il y a une continuité entre la multiplication des pains et l’eucharistie, que nous célébrons. « Donner leur vous-même à manger », dit Jésus. Jésus se donne des collaborateurs pour continuer et répandre son geste. Le prêtre aujourd’hui distribue une nourriture qu’il n’a pas créée et qui le dépasse et cela pour tous ceux qui en ont faim, car disait Jésus : « l’homme ne vit pas seulement de pain ». 

 « Tous mangeaient à leur faim », note l’Évangile. C’est le souhait, qui doit habiter chacun de nous. Le Christ se fait « pain de vie » pour rassasier tout être humain d’amour et de lumière, pour que chacun puisse tenir dans l’espérance et devenir un être de bonté, de compassion et de service. 

 Mais le Christ ne se substitue pas à nos solidarités. Il vient seulement appuyer nos efforts. Il peut faire beaucoup avec mêmes les plus petites solidarités. Il nous le montre aujourd’hui, avec les cinq pains et deux poissons qu’on lui offre. 

 Jusqu’où peut aller notre solidarité ? S’il ne sert à rien de manger un bon repas à l’attention d’un anorexique, avec le don de Dieu, tout est possible ! Quand j’étais en formation, un ami séminariste italien, recevait des intentions de messe, avec cette notation : « Communiez à la messe pour moi » … Avec Dieu, tout est possible ! C’est cela les « intentions de messe », que nous apportons prêtre, qui célèbre l’eucharistie… « Et tous furent rassasiés », note l’Évangile ! 

16 Juin 2019

Nous fêtons aujourd’hui la Sainte Trinité. Nous en vivons, sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ! Toutes nos prières commencent par un signe de la croix : « au nom du Père, du fils et du Saint Esprit ». Voilà un hommage à la Sainte Trinité ! Et toutes les oraisons du prêtre à la messe, s’adressent au Père, « par Jésus Christ ton fils, qui vit et règne avec toi dans le Saint Esprit ». Il n’y a pas de prière chrétienne, sans la mention trinitaire…C’est ce que contestent les musulmans, qui refusent que le fils et l’Esprit Saint soient Dieu. C’est ce que contestent les juifs, qui confessent le père comme Dieu, l’esprit comme Dieu agissant au cœur de l’homme, mais refuse que le fils Jésus soit Dieu, égal au Père et à l’esprit… Dans les religions monothéistes, le christianisme se démarque !   

Une petite histoire, pas forcément vraie mais qui est intelligente […]

Un jour, un aumônier de la marine se risque à expliquer la Trinité. Il parle longuement de Dieu le Père, de son fils Jésus Christ et de l’Esprit Saint, comme trois personnes qui ne font qu’un. Un marin lui coupe la parole : Vous ne me ferez jamais croire que 1 + 1 + 1 égale 1 ! Ça donne trois ! L’aumônier répondit : je ne te demande pas d’additionner, mais de multiplier… Peu importe si c’est moi qui fais exister cet aumônier et ce marin ! L’important, c’est de comprendre que Dieu est amour et qu’il multiplie pour nous ses formes de présence comme un don merveilleux à l’homme. La fête de la Sainte Trinité nous invite à contempler la vie divine du Père, du fils et du Saint Esprit : une vie de communion et d’amour parfait. Saint Augustin disait : « Le père est notre créateur, le Fils est notre rédempteur et le Saint Esprit et notre conducteur ». Et le curé d’ars se disait : « Le fils et l’Esprit sont comme deux mains, par lesquelles Dieu façonne le monde et son histoire ».    Le pape François, dans une allocution sur la Sainte Trinité, disait qu’on pouvait y reconnaître « le modèle de l’Eglise ». À l’image de la Sainte Trinité, l’amour dont nous vivons en Eglise est le signe concret, qui manifeste notre foi au Père, au Fils et au Saint Esprit. Jésus avait dit un jour : (Jean12,35) « A ceci, on vous reconnaîtra pour mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres ». C’est l’Esprit qui, en nous communiquant la vie divine, nous fait entrer dans le dynamisme de la Trinité, qui est un dynamisme d’amour, de communion, de service réciproque, de partage », dit le pape François et il ajoute : « Une famille où l’on s’aime et où l’on s’aide mutuellement est un reflet de la Trinité. Une paroisse où l’on s’aime et où l’on partage les biens spirituels et matériel est un reflet de la Trinité ».  Alors, aujourd’hui, reprenons notre souffle, celui de l’Esprit Saint, présent en nous et autour de nous… Notre vie quotidienne y retrouvera couleurs et saveurs…