Dimanche 12 juillet 2020

 15° ordinaire A
Matthieu 13,1-23.

                                    On parle de plus en plus d’écologie, pour sauver la planète. Avec le confinement, on a retrouvé un ciel bleu et on a pu respirer un air moins pollué. Mais le sol reste empoisonné par les pesticides et les rejets de nos déchets dans la nature. À la suite de l’exhortation du pape François, nos églises œcuméniques ont mis en œuvre des actions pour une Eglise verte. Mais à ce niveau, il reste beaucoup à faire ! Exemple : un de nos clochers, sur Romans, n’utilise plus de cierges à la cire d’abeille sur son autel ; mais de faux cierges en plastique, alimentés par des cartouches de cire mélangée à des produits chimiques, pour qu’ils ne coulent plus sur la nappe ! Oui, même nos liturgies sont contaminées par les plastiques la chimie, pour sacrifier à l’air du temps !

            Quel contraste avec le monde où Jésus a vécu ! Jésus s’émerveillait devant les lys des champs, le ciel tantôt rouge, tantôt bleu, les ronces au bord des chemins, les pierres… « Les cieux racontent la gloire de Dieu… son firmament l’annonce », dit le psaume. Les croyants voyaient dans la création, une parole de Dieu, comme Saint-François-d ’Assise avec son cantique de la création.

Mais le regard de Jésus allait encore plus loin. La terre était inséparable de l’homme qui l’habite et la travaille. Il ne se limitait pas comme nous à la rentabilité économique de la parcelle de terre. Jésus ne se souciait pas des graines perdues par le semeur, sur le chemin, les pierres ou les ronces. Il voyait en tout cela une Parole de Dieu.

                                    Mais pourquoi, parles-tu en parabole, demandent les disciples ! Et Jésus leur répond : « Heureux vos yeux, parce qu’ils voient, vos oreilles parce qu’elles entendent » !

Avant de suivre Jésus, le disciple ne voyait pas les mesquineries, l’ingratitude, les ronces qui l’habitaient. Il était comme cette femme médecin, à la retraite, rencontrée il y a une trentaine d’années, qui me disait : Jusqu’à l’âge de 12 ans, j’ai cru que les vaches avaient des écailles ! J’habitais dans le bocage vendéen et nous avions des vaches qui aimaient se rouler dans les zones humides. Puis elles se couchaient au soleil pour ruminer et la boue séchait sur leur pelage, formant des écailles. Mais à l’âge de 12 ans, après la Confirmation, notre curé nous amena en pèlerinage à Lisieux, en Normandie. Et là, j’ai découvert des vaches propres…

            Dans nos Bibles, la parabole que nous venons d’entendre est qualifiée de parabole du Royaume. Elle nous introduit dans le Royaume de Dieu. À travers les choses de la vie, elle nous ouvre au grand Projet de Dieu. La parole de Dieu sur notre monde, porte du fruit. Alors, nous quittons l’ordre du mesurable, pour entrer dans la surabondance et la gratuité. « L’homme qui a reçu la Parole et qui la comprend, porte du fruit à raison de 100, ou 60, ou 30 pour un ».

Dimanche 5 juillet 2020 

14° dimanche ordinaire A
Matthieu 11,25-30.

                                    Mon père, j’ai manqué la messe, deux dimanches ! Mon père, j’ai mangé de la viande vendredi ! Etc. ! Trop souvent, nous vivons notre vie chrétienne, comme un joug, qui nous écrase les épaules. Et nous venons d’entendre Jésus nous dire : « mon joug est léger » ! Et tout au long de l’Évangile, Jésus nous martèle, qu’il est doux et humble de cœur, que le chemin qu’Il nous invite à emprunter, est un chemin de joie !

            Sans vouloir prôner la licence dans tous les domaines, je me pose une question : quel est notre connaissance du Christ ? Le Christ se révèle à nous, pour nous mettre debout et pas pour nous accabler. Le temps qui passe et les épreuves de la vie suffisent à nous faire baisser l’échine ! Le Christ vient alors attacher sont joug au nôtre, pour qu’on puisse avancer encore. Il joint sa force à la nôtre. Ce temps de confinement nous l’a bien fait sentir, quand nous n’avions plus le secours des sacrements !

            La Parole de Dieu est reçue en Eglise. Ce n’est pas seulement un désir qui nous habite, c’est une proclamation publique reçue ensembles comme Parole de Dieu. C’est pourquoi, après la lecture de l’Évangile, le diacre ou le prêtre nous disent : « Acclamons la Parole de Dieu ». À quoi nous répondons : « nous rendons gloire à Dieu » ! Comme des pauvres, nous venons en communauté la recevoir, comme la lumière et la force, pour vivre en homme debout, à la ressemblance de Dieu.

                                    « Vous qui peinez, venez à moi, je vous procurerai le Repos » !…

« Vous qui peinez, venez à moi, je vous procurerai le Repos » ! Jésus nous révèle ainsi un pan du mystère de son Père. Dieu notre Père n’attend de nous que notre confiance, ce qui nous permettra de dormir en paix. Dieu sourit, quant à bout de fatigue, tu poses entre ses mains ton fardeau du jour, parce que la vie est trop lourde.

            Dieu n’est pas un fardeau de plus, à rajouter à notre vie. Il ne veut que notre repos. Mais, dans ce monde, où tout va de plus en plus vite, on a perdu l’habitude de se reposer, de se poser à nouveau !

            Mais, celles et ceux qui portent les plus tours fardeau, on ne les voit guère dans nos églises ! Les chômeurs de longue durée, les déshérités, les migrants, les mal-logés, où sont-ils ? Nos communautés sont-elles suffisamment réconfortantes ?

Saint-Jean Chrysostome, évêque de Byzance, prêchait à des riches. Il demandait aux hauts fonctionnaires d’aller aux portes de la ville et y repérer les étrangers, afin de les accueillir et de veiller à leur confort. Le monde où l’on parle, où l’on s’écoute, où l’on s’appelle, où l’on répond, est le monde de l’alliance avec Dieu et avec nos frères humains.

Dimanche 28 juin 2020

13° ordinaire A
Matthieu 10,37-42.

Quand une entreprise veut embaucher, elle fait un appel d’offres et définit le profil recherché. C’est ce qu’a fait notre paroisse, pour embaucher une secrétaire responsable de la communication. Quand une paroisse décide d’engager une animatrice relais en catéchèse, elle interpelle le ou les personnes susceptibles de mener à bien cette mission et le diocèse leur demande de signer, pour accord, une lettre de mission.
C’est ce que fait Jésus aujourd’hui. Jésus a interpellé 12 hommes susceptibles de mener
à bien sa mission. Aujourd’hui, Jésus définit le profil du poste. Le jour est venu : voulez-vous
signer le contrat ?

Examinons ce contrat !

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi !
Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi !
Celui qui ne prend pas sa croix pour me suivre, n’est pas digne de moi !

Celui qui veut garder sa vie la perdra.
Qui vous accueille m’accueille. »

Le contrat que propose Jésus, à qui veut le suivre, impose des choix, donc des ruptures.
Jésus ne demande pas de ne pas aimer la vie et les personnes qui croisent notre chemin ; mais
demande de lui donner la première place dans nos amours.

Dimanche 21 juin 2020

12° ordinaire A 
Matthieu 10,26-33 ; Jérémie 20,10-13.

                                    Nous vivons dans une société où tout se vaut ! On estime que tout est bien, si l’on est sincère. Alors, les lanceurs d’alerte sont condamnés au silence, quand ils ne sont pas éliminés ! Le médecin chinois, lançant l’alerte du covid 19, a été condamné au silence et il a été le premier mort officiel de l’épidémie. Plus près de nous, les associations venant en aide aux migrants fuyant la misère et la guerre, se sont vus priver de subventions, qui leur étaient alloués depuis des années. On a inventé un nouveau délit : celui de solidarité ! On interdit sur Romans, à une association humanitaire, de louer des appartements HLM qu’elle mettait gracieusement à la disposition des familles avec enfants à la rue ! Etc. ! Même moi, par des proches, suis condamné pour motif que je fais de la politique, alors que je ne cherche qu’à sauver l’humanité !

            Il y a quelques années, Guy Béart le chantait : « le premier qui dit, se trouve toujours sacrifié. D’abord on le tue, puis on s’habitue. On lui coupe la langue, on le dit fou à lier… Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha. La foule, sans tête, était à la fête. Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas, c’est plus juste, en somme, d’abattre un seul homme. Ce jeune homme a dit la vérité, il doit être exécuté ! »

            C’est ce qu’a vécu le prophète Jérémie (20,10–13) : « Allons le dénoncer, l’homme qui voit partout la terreur. » Et c’est aussi ce qu’a vécu le croyant auteur du psaume 68 : « C’est pour toi Seigneur, que j’endure l’insulte… l’amour de ta maison m’a perdu… » C’est vrai que Jérémie avait prononcé des paroles risquées. Et cela dérangeait, car politiquement incorrect ! Aujourd’hui, 27siècles plus tard, il n’est toujours pas confortable de proclamer la vérité et les atteintes aux droits de l’homme. Comme hier, on promeut toujours la pensée unique.

           Dans l’Évangile de ce jour, Jésus parle à ses disciples, qu’il venait juste d’envoyer en mission, « comme des agneaux au milieu des loups ». Mais, « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps ; mais ne peuvent pas tuer l’âme », dit Jésus. Pour comprendre la portée de l’exigence de Jésus envers ses disciples, il nous faut le regarder lui-même. Jésus n’a jamais eu peur d’affronter les autorités, qui étaient opposés à son message de vérité et de miséricorde. Il est allé chez Zachée le collaborateur, il a accueilli les lépreux, s’est laissé toucher par une prostituée, etc.… chaque fois il a pardonné les péchés. On peut dire qu’il a vécu dangereusement, pour rester fidèle à sa mission jusqu’au bout ! Et aujourd’hui, il avertit ses disciples, qu’ils connaîtront eux aussi des jours de tempête. Mais, « n’ayez pas peur je suis avec vous » !

            Aujourd’hui, le Christ attend de chacun de nous la même fermeté dans notre foi et notre confiance. Le seul danger, nous dit Jésus, c’est celui qui peut tuer notre dynamisme, notre énergie et notre confiance. Pour Jésus, être disciple, ce n’est pas uniquement ne pas manquer la messe du dimanche, ne pas voler, ne pas mentir, c’est pratiquer l’Évangile en devenant d’autres Christ et le vivre dans toute notre vie. Il ne nous est pas demandé de croire au Christ ; mais de le laisser vivre en nous.

            Alors, au cours de cette eucharistie, dissous ta misère dans la lumière du Christ, au lieu de t’y résoudre !

Dimanche 14 Juin 2020

Fête du Saint Sacrement 
Deutéronome 8,2-16 ; Jean 6,51-58.

                                                           C’est aujourd’hui la fête du Don du Corps et du Sang du Christ. Institué au XIIIe siècle, cette fête voulait contrer une idée, qui se répandait, comme quoi la présence réelle du Christ s’arrêterait à la fin de la messe. On organisa donc des processions du Saint-Sacrement et des temps d’adoration à l’église. La présence réelle du Christ dans l’eucharistie fait partie de notre foi !

Le jeudi saint, Jésus avait dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Il s’agit de « faire mémoire ».

« Vous qui peinez, venez à moi, je vous procurerai le Repos » ! Jésus nous révèle ainsi un pan du mystère de son Père. Dieu notre Père n’attend de nous que notre confiance, ce qui nous permettra de dormir en paix. Dieu sourit, quant à bout de fatigue, tu poses entre ses mains ton fardeau du jour, parce que la vie est trop lourde.

            Dieu n’est pas un fardeau de plus, à rajouter à notre vie. Il ne veut que notre repos. Mais, dans ce monde, où tout va de plus en plus vite, on a perdu l’habitude de se reposer, de se poser à nouveau !

            Mais, celles et ceux qui portent les plus tours fardeau, on ne les voit guère dans nos églises ! Les chômeurs de longue durée, les déshérités, les migrants, les mal-logés, où sont-ils ? Nos communautés sont-elles suffisamment réconfortantes ?

Saint-Jean Chrysostome, évêque de Byzance, prêchait à des riches. Il demandait aux hauts fonctionnaires d’aller aux portes de la ville et y repérer les étrangers, afin de les accueillir et de veiller à leur confort. Le monde où l’on parle, où l’on s’écoute, où l’on s’appelle, où l’on répond, est le monde de l’alliance avec Dieu et avec nos frères humains.

 7 Juin 2020 

Sainte Trinité A 

Jean 3,16-18

                                    Un évêque demande une petite fille du caté : parle-moi de la Sainte Trinité ! (Je mime la petite fille, qui répond en bougeant les lèvres, sans faire sortir un son). L’évêque tend l’oreille et au bout d’un moment, dit à la petite fille : je ne comprends pas ! Alors, la petite fille lui chuchote à l’oreille : moi non plus, Monseigneur, je ne comprends pas. C’est un mystère !
            Alors, vous comprenez mon embarras pour vous parler aujourd’hui ! Et de plus, en 6 minutes seulement !
            Un autre enfant pourrait me répondre : la Trinité c’est une énigme arithmétique ! En effet, difficile à saisir que 1 + 1 + 1 égale un ! C’est un mystère.
            Mais c’est quoi un mystère ? Un enfant m’a répondu : c’est un avion à réaction dépassée. Maintenant on parle de rafales et autres !
            En fait notre quotidien est rempli de mystères. Un mystère, c’est une chose qui s’impose à nous, sans que nous puissions en extraire l’ADN ! Le plus grand mystère, dont nous vivons au quotidien, c’est l’amour ! Pourquoi j’aime mon frère, bien qu’il me juge, alors que je ne faisais qu’un jeu de mots dans notre dernière conversation ? L’amour est un mystère, qui se manifeste particulièrement avec le pardon.

Alors, au fil des pages de la Bible, le mystère de la Sainte Trinité s’affirme. Dieu est amour ! Toute la Bible en témoigne : sa miséricorde, sa tendresse et sa sollicitude, s’étendent sur tous les peuples. Le peuple d’Israël et le Coran le savent. On peut dire que Dieu nous aime. C’est comme toi ! Tu peux aimer ton conjoint et tes enfants jusqu’à te sacrifier pour eux ; mais pourtant, on ne peut pas dire que tu es amour ! Et pourtant le nouveau testament affirme que Dieu est amour. Il s’agit de la vie intime de Dieu, qui va bien au-delà de son sentiment de bonté envers sa création !

            Saint Cyrille de Jérusalem (7e catéchèse baptismale) dit : Avec le Dieu révélé par Jésus Christ, on passe « de la monarchie à la paternité » ! Jésus nous révèle Dieu, comme une communion d’amour entre le père et le fils, dans l’esprit saint. Alors, quand un chrétien affirme que Dieu est amour, il sous-entend que Dieu n’est pas solitaire. Indépendamment de la création, Dieu est amour, car il y en lui échange et relations. En lui-même il est une personne qui aime est une personne aimée. Cela est déjà sous-entendu, dès les premières pages de la Bible, dans le poème de la création, où Dieu dit : « faisons l’homme à notre image » et encore après la transgression d’Adam et Eve : « voici que l’homme est devenu comme l’un de nous ». Sainte Catherine de sienne le décrira en méditant sur le buisson ardent : « le père est le feu, le fils est la lumière, qui se dégage du feu, l’esprit est la chaleur du feu ». Et pourtant le buisson ardent est unique !

            Notre foi au Dieu unique trinitaire n’est pas la conséquence d’une bulle d’un pape ; mais la révélation que Dieu lui-même fait de Lui, à travers le premier et le nouveau testament. Et le livre de la révélation nous apprend, que Dieu n’a pas créé le monde par hasard, mais par surabondance d’amour. Il nous appelle à devenir ce qu’il est.

            Alors, je reprends la salutation liturgique : « la grâce de notre seigneur Jésus, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit Saint, sois toujours avec vous ». (2 corinthiens 13,11–13)

Dimanche 31 mai 2020

Pentecôte A 

Jean 20,19-23

 

             D’abord, resituons Pentecôte, dans l’histoire. C’est une fête très ancienne. 50 jours après Pâques, les villages se réunissaient pour la fête des premières récoltes. Puis, elle devint pour les juifs la fête du don de la Torah : Dieu, qui par Moïse donna une loi à son peuple, pour l’aider à vivre en communauté, tourné vers Dieu. Pour nous chrétiens, c’est aujourd’hui la fête du don de l’Esprit Saint, pour que nous vivions libres, en fraternité et en marche avec Dieu. Pour les chrétiens, la loi nouvelle, c’est l’Esprit Saint lui-même. Nous sommes bénéficiaires d’un nouveau Sinaï ! La loi de Dieu n’est plus inscrite sur des tables de pierre, mais dans les cœurs. Et elle déborde les limites d’Israël en s’offrant à tous les hommes du monde entier. Toute la terre et le domaine de Dieu !

                                    L’Esprit Saint était évoqué de multiples fois, dans le premier Testament. Dès les premières pages de la Bible, (genèse 1,2), l’esprit saint est mentionné : « l’Esprit Saint planait sur les eaux » ! On a l’impression qu’il cherchait une piste d’atterrissage ; mais il n’y avait pas encore d’être humain dans cette création !

            Beaucoup plus tard, Moïse rassembla 70 anciens du peuple (Nombres 11,24…), et « le Seigneur préleva un peu de l’Esprit qui était sur Moïse, pour en donner aux 70 anciens… qui se mirent à prophétiser… (verset 26) : « 2 hommes… Eldad et Midad … l’Esprit Saint se posa sur eux et ils prophétisaient ». On avertit Moïse, qu’ils n’étaient pas de ceux qui avaient été élus. Moïse répondit (verset 29) : « si seulement tout le peuple du Seigneur devenait un peuple de prophètes, sur qui sur qui le Seigneur aurait mis son Esprit » ! En 6 minutes, je ne peux pas vous citer tous les autres textes. Mais en cette Pentecôte 2020, le souffle divin trouvera-t-il en chacun de nous, une terre d’accueil ? Et saurons-nous, comme Moïse, nous réjouir de sa présence en des frères et sœurs, ne faisant pas partie de notre communauté ?

On remarque, que déjà dans le premier Testament, l’Esprit de Dieu n’est pas enfermé dans nos cénacles ! On vérifie aussi cela, dans les actes des apôtres (chapitre 10). Alors que Pierre a baptisé le centurion Corneille de Césarée, la communauté des élus s’indigne de l’action de Pierre, dans un milieu païen. À quoi Pierre répond : « je me rends compte en vérité que Dieu est impartial et que toute nation qui le craint et pratique la justice trouve bon accueil auprès de Lui. » « L’Esprit Saint m’a dit d’aller vers eux… si Dieu a fait à ces gens le même ton gracieux qu’à nous autres… étais-je quelqu’un, moi, qui pouvait empêcher Dieu d’agir » ?

            Si en ces temps de confinement la plupart des manifestations de nos quartiers de nos villages ont été annulées, dans le même temps, comme Pierre, poussé par l’Esprit Saint, de nombreux chrétiens se sont mobilisés pour la fermeture des camps de rétention de migrants, dans le seul crime était de « ne pas avoir de papiers ». Nombreux aussi sont celles et ceux, qui, de leur confinement, ont demandé à nos dirigeants de régulariser les « sans-papiers », comme l’a fait le Portugal et d’autres pays. Notre pays a besoin d’eux, dans l’agriculture et ailleurs aujourd’hui.

            « Poussés par l’Esprit », comme Saint-Pierre, nombre de croyants, pratiquants ou non, se sont faits solidaires des sans-abris, des personnes isolées ou âgées. Combien d’étincelles de vie ont jaillit, en ce temps de confinement ! Il est là, le travail de l’Esprit Saint.

                                    Alors, comme les apôtres à Pentecôte, sortons de nos cénacles. Que l’Esprit Saint nous guérisse de nos peurs. Dieu nous donne son esprit à travers les sacrements, pour cela.

Dimanche 24 mai 2020

7° de Pâques A

Jean 17,1-11.

Notre monde se sécularise. Les entreprises font des séminaires et les séminaristes se retrouvent en atelier ! Le dimanche, premier jour de la création, est devenu le week-end, dernier jour de la semaine ! Les vacances de Pâques, sont aujourd’hui : vacances de printemps ! Mais en même temps, des associations d’idées demeurent : « Get mituns », Dieu est avec nous, disent les Allemands ! « God save the queen », que Dieu sauve la reine, proclame l’hymne national des Anglais ! Les Américains affichent sur leurs dollars : « In God we trust », nous croyons en Dieu ! Au début des compétitions internationales, nombre d’athlètes se marquent du signe de la croix, même devant les caméras !

            Tous ces petits gestes, qui subsistent dans notre monde sécularisé, signifient : que la gloire de la réussite soit rendue à Dieu. C’est aussi l’objet de la prière de Jésus dans l’Évangile de ce jour : gloire à Dieu ! Et nous, chrétiens pratiquants, chaque dimanche, nous chantons en cœur : « gloire à Dieu au plus haut des cieux » ! « Père, glorifie ton fils, afin que le fils de glorifie » !

Mais, tous ces petits gestes qui subsistent dans notre monde sécularisé, sont-ils encore signes de foi ? Dans ma pratique de l’écoute fraternelle de personnes en souffrance, traversant des périodes difficiles, il m’arrive souvent de dire : « je vais prier pour vous dès ce soir ». Alors les personnes me remercient avec un petit sourire ! Mais cela signifie-t-il qu’ils ont la foi ? Ou bien : vas-y toujours, si ça ne nous fait pas de bien, ça ne peut pas nous faire de mal ! C’est peut-être un peu de cela, qui habitait les apôtres ce jour-là. Jésus venait de leur annoncer la passion qu’il allait vivre et les conséquences que cela aurait pour eux : « Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me reverrez ». Et ce jour-là, ils sont stupéfaits de voir et d’entendre, que devant cette menace qui se profile pour lui, Jésus ne prit pas pour lui, mais pour eux ! C’est peut-être pour cela, qu’ils nous ont transmis cette dernière prière de Jésus ! « Je prie pour ceux que tu m’as donnés. Ils sont à toi Père… »

            « Je prie pour eux, … ils sont dans le monde ». Nous sommes aujourd’hui, ses disciples, cela veut dire qu’il priait pour nous, qui, dans le monde, traversons des épreuves. Cela veut dire, que quelle que soit notre vie à ce jour, nos hésitations, parfois nos reniements, notre existence est bonne à vivre. Jésus a prié pour nous ! Dieu n’a que faire de nos regrets de ne pas être assez Saints. Il aime notre joie de vivre. La prière de Jésus en ce jour, est un hymne à la vie, pour que nous n’entrions pas en tentation, comme il le dit avec la prière du notre Père, qu’il nous a transmise. Certainement Dieu souriait, quant à 20 heures, tous les soirs, nous honorions celles et ceux, qui luttent pour faire reculer la mort. « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant », disait saint Irénée.

            Alors, donnons à Dieu notre quotidien, notre prière, notre cœur, et donnons aux autres notre joie et notre amitié. Que personne ne soit privé de dignité, aujourd’hui et demain.

Jeudi 21 mai 2020

l’Ascension du Seigneur 

 A : Matthieu 28,16-20.

          Tout d’abord, en cette fête de l’Ascension, il est question du ciel ! On a tous en mémoire la maman, qui ayant tourné le dos, pendant 5 minutes, revient vers son fils de 4 ans et découvre un désastre. Elle lève les bras vers le ciel. Cela veut dire qu’elle prend le ciel à témoin ! Ou, plus proche de nous, dans cette épreuve que nous avons traversée avec le Corona virus, nombres de personnes ont levé les yeux vers le ciel. Cela veut dire qu’ils imploraient du ciel un dernier recours, quand ils avaient épuisé toutes leurs ressources humaines ! Le ciel devient protecteur !

            Qu’en est-il, selon l’Évangile et le récit des actes des apôtres, qui viennent de nous être proclamés ? « Comme il les bénissait, il se sépara de et fut emporté au ciel ». Le psaume (47,6) disait déjà : « Dieu est monté parmi les ovations, à la sonnerie du corps, lui, le seigneur » ! Alors, les apôtres se souviennent. C’est du ciel, que le verbe était descendu, prendre chair, dans le sein de la vierge Marie. Le Christ de la croix est redevenu le Seigneur assis à la droite de Dieu, comme nous le proclamons avec le credo. La boucle est bouclée, Jésus sort du confinement ! Et à mesure que Jésus s’arrachait à leur regard, ils devaient prier avec le psaume (24,7) : « Portes, levez vos frontons, élevez-vous portails antiques, qu’il entre le roi de gloire » !

L’événement de l’Ascension ouvre le temps de l’absence ! Désormais, Jésus le Christ, n’est plus visible à la façon d’hier. Les apôtres vont faire mémoire, c’est-à-dire : actualiser les gestes par lesquels Jésus se rendait présent. « Prenez et mangez, ceci est mon corps » et ainsi devenez ce que vous recevez ! « Je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur, c’est un exemple que je vous laisse. Faites ceci en mémoire de moi ». Et désormais, comme sur le voile de Véronique, qui sur le chemin de croix, essuya le visage de Jésus, le visage du Christ s’imprime sur tout geste de charité, de compassion, de fraternité, que chacun de nous a la possibilité de poser au quotidien. Il est vraiment là, il est vivant !

            C’est pourquoi, le jour de l’Ascension, Jésus dit à ses amis : « Allez donc, dans toutes les nations… Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » ! Jésus n’a pas dit à chacun : va, mais il a dit « allez » ! C’est ensemble, que nous sommes envoyés. Il l’avait déjà dit auparavant : « Quand 2 ou 3 sont réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux ». Allez porter le Christ, jusqu’aux périphéries. Ne laissez pas de côté celui qui semble le plus loin et le plus indifférent ! Le projet du Christ hier est le même aujourd’hui : rassembler toute l’humanité, même ceux qui sont très loin et très bas.

                                    L’Ascension, c’est donc aussi la fête de l’homme ! Seigneur, donne-moi tes yeux pour voir celles et ceux, qui ont soif de fraternité, d’accès aux soins de santé, de justice et de paix. Seigneur, que mes mains deviennent tes mains pour que je vive toujours plus le partage. Seigneur, donne-moi tes oreilles, pour que j’entende les appels des réfugiés demandant à notre pays l’hospitalité. Seigneur, que mon cœur devienne ton cœur pour que dans la communauté je sois toujours plus accueillant envers chacun, avec toujours pour tous, un apriori favorable.

            Pour cela, seigneur, baigne-nous dans ton Saint Esprit.

Dimanche 17 mai 2020

6° de Pâques A 

Jean 14,15-21.

                                    Dans un premier temps, Jésus parle de voir, de ne plus voir et de voir encore ! « D’ici peu de temps le monde ne me verra plus ; mais vous vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi », dit Jésus. Qui ne voit plus ? Le monde ! Qui verra ? Vous, car vous êtes dans le monde ; mais vous n’êtes pas du monde, disait Jésus !
            Le monde a vu, durant les 3 ans de la vie publique de Jésus. Mais il a vu ce qu’il souhaitait voir. Les malades souhaitaient la guérison et une fois celle-ci obtenue, ils repartaient chez eux, parfois sans même remercier, comme 9 d’un groupe de 10 lépreux. L’objet de leur attente leur bouchait les yeux : ils ne voyaient pas Jésus, le Christ. Cela me rappelle une rencontre, il y a un peu plus de 20 ans. Une femme du Moyen Âge (60–70 ans) me fait appeler, car elle est très malade. Je passe la voir, et comme nous étions à 3 semaines du pèlerinage à Lourdes, je lui propose de venir avec nous, la paroisse paiera son pèlerinage. Mais, elle se dit trop malade et n’accepte pas d’aller à Lourdes dans cet état. Alors en l’unissant à toute la paroisse, je prie avec elle, qui accepte de recevoir les sacrements du pardon et des malades. 3 jours après, je reviens la visiter. Elle est debout est guérie. Je lui propose alors de venir à Lourdes avec nous, tous frais payés, pour rendre grâce à Dieu. Elle refuse, car elle a trop à faire ici ! Comme beaucoup de malades guéris, par Jésus, son attente lui bouchait les yeux : elle ne voyait pas Jésus le Christ.
                                    « D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant et vous vivrez aussi », dit Jésus.

Qui verra ? Vous ! Car, dit Jésus : « je prierai le Père, il vous donnera l’Esprit de vérité ». Après la résurrection, seuls ceux qui étaient venus à Jésus pour lui-même, le voient et le reconnaissent. Ils voient avec le cœur, comme disait le petit prince ! « Celui qui m’aime sera aimé par mon Père ; moi aussi je l’aimerais et je me manifesterai à lui » dit Jésus.
                                    Aujourd’hui, nous ne voyons plus Jésus, marchant sur nos routes humaines. Comme les apôtres, nous vivons dans un dépouillement total. Seuls demeurent les liens d’amour qui nous unisse les uns aux autres et à Jésus le Christ.
            Qu’est-ce que nous voyons ? Il y a beaucoup de choses que nous ne voyons pas et auxquelles nous croyons ! Par exemple : le vent, l’électricité, l’amour ! Tant pis pour nos portables, on ne peut les photographier ! Jésus nous parle de l’Esprit Saint, mais comme le vent, l’électricité et l’amour, nous ne pouvons entrevoir que les effets. Rappelons-nous les paroles de saint Thomas, après la résurrection : je ne crois que ce que je vois !
Une des caractéristiques de l’église, à ses débuts (cf. Les actes des apôtres), c’est la joie. Quand les apôtres sont emprisonnés et battus, ils sont heureux d’avoir subi des outrages, au nom de Jésus. Quand l’eunuque de la reine d’Éthiopie est baptisé par l’apôtre Philippe, il repart tout joyeux. La joie est un des premiers dons de l’Esprit, comme disait Saint-Paul « (gal. 5,22). Je pense que nous serons jugés sur notre joie, fruit de l’Esprit Saint, qui change tout de notre vie. 

Dimanche 10 mai 2020

 5° de Pâques A

Jean 14,1-12.

                                    Nous venons d’entendre le passage d’évangile, qui est le plus souvent proclamé, dans nos églises ! Très souvent, ce passage est choisi par les familles en deuil, préparant les obsèques d’un proche. Elles sont particulièrement sensibles aux premiers versets : « Ne soyez donc pas bouleversés… Je pars vous préparer une place. Là où je suis, vous serez aussi ». Cette promesse nous fait du bien ! Avec elle, nous retrouvons un sens à notre vie.

            Mais, mais ! Lorsque Jésus dit : Je reviendrais vous prendre avec Moi », Il ne vise pas les retrouvailles de la fin des temps ! C’est maintenant qu’Il veut nous nous rejoindre et nous partager sa Vie. Cette parole s’adresse à notre père Dominique, qui a fait choix de prendre du recul cette année scolaire. Cette parole s’adresse à chacun d’entre nous, sur Sainte Claire en Dauphiné, qui nous retrouvons sans curé depuis septembre dernier. « Je reviendrais vous prendre avec moi… là où je suis, vous serez aussi », nous dit Jésus. Et c’est cette parole, que transmet notre Père évêque, quand au bout d’un temps, il déracine un prêtre pour lui demander de s’enraciner sur une autre paroisse. Cette parole, elle s’adresse à chacun d’entre nous, qui vivons un deuil, une épreuve avec l’un de nos enfants, un changement de situation, due aux contraintes économiques, ou un problème de santé. C’est maintenant que le Christ veut nous rejoindre, pour nous partager sa Vie !

                                    Le principe est bon, mais dans les épreuves, quel chemin emprunter ? Les juifs ont la Torah, les musulmans la Charia, qui entrent dans les détails de leur vie et nous chrétiens ? « Comment pourrions-nous savoir le chemin ?», demande Thomas. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie », lui répond Jésus. Il dira aussi : « qui me voit, voit le Père » !

Il y a presque 3 ans, que les apôtres marchent avec Jésus et ils ont encore du chemin à faire, pour percer le mystère de Jésus. « Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe » ! « Le verbe s’est fait chair », écrira Saint-Jean. Il est sorti du Père, pour rejoindre l’humanité. Regardez, « Je suis le Chemin », dit Jésus. Marcher avec lui, c’est, chacun de nous comme lui, prendre le chemin, qui nous conduit vers les autres. Alors, dit Jésus : « celui qui croit en Moi, accomplira les mêmes œuvres comme Moi » ! Et au terme de cet entretien, Jésus ira au jardin des oliviers, où les autorités viendront l’arrêter. Les apôtres vont alors découvrir la Croix sous son vrai jour. La Croix va se révéler comme la victoire sur le péché, la souffrance et la mort.

            Au cours de cette conversation, les apôtres se regardent. Jésus leur indique, qu’ils auront le même chemin, pour aller vers le Père, afin, dit-il, que là où Je suis, vous soyez vous aussi ».

            Le Père Albert Rouet, évêque de Poitiers, disait : « La Foi chrétienne commence par les pieds, parce qu’il faut y aller » ! Alors, bonne route !