Homélies des Pères : Philippe Parent et François Ouermi

Dimanche 1e novembre 2020 : TOUSSAINT                                              Homélie du Père F. Ouermi

Matthieu (5, 1-12a)

La Toussaint, c’est une fête où la joie du ciel déborde sur la terre.

En cette fête de la Toussaint, nous célébrons la foule immense des saints. Saint Jean nous parle d’une foule nombreuse de toutes langues, peuples et nations… mais comprenons bien que cette foule de saints ne se limite pas à ceux qui ont leur nom dans les calendriers ou leur statue dans les églises. Parmi eux, il faut compter aussi ceux de nos familles. Il faut compter tous ceux et celles qui ont aimé Dieu, qui ont aimé leurs frères et sœurs de leur mieux. C’étaient des gens comme nous. Ils ont connu la même vie, les mêmes souffrances, les mêmes difficultés et souvent les mêmes péchés que nous. C’est la foi et l’amour qu’ils avaient pour Jésus qui les animaient, qui les conduisait.  Ils nous ont transmis l’évangile et ses valeurs. Ils ont leur place dans le Royaume de Dieu. Ils sont nos compagnons de route pour aujourd’hui. Ils nous soutiennent par leur prière. Et leur exemple est comme un appel pour nous : devenez saints, comme votre Dieu est saint…
Mais comment de venir Saint ?

 

Sur la montagne, assis au milieu des foules, Jésus prononce des mots qui jaillissent du plus profond de son cœur.  « Heureux, bienheureux » ; il prononce ce mot 9 fois et conclut en disant : « réjouissez-vous. »

Nous entendons le Christ qui nous appelle tous à un vrai bonheur. Il nous montre la route qui conduit au ciel. C’est un chemin difficile à comprendre parce qu’il va à contre-courant de celui que propose le monde. Dans notre monde de médias et de publicité, on essaie de nous convaincre que le bonheur réside dans une voiture, le confort, le soin de son corps, bref dans “avoir“, et avoir toujours plus.  La véritable question est plutôt de quel bonheur parlons-nous ? Jésus sur la montagne ne parle pas d’un bonheur de surface, d’un bonheur à bon marché. Il décrit un chemin pour atteindre un bonheur caché dans nos profondeurs qu’aucune entrave ne peut atteindre. Aujourd’hui, Jésus nous parle du bonheur de ceux qui sont « pauvres de cœur… ceux qui sont persécutés pour la justice… ceux qui ont un cœur pur et qui sont miséricordieux.

Il ne s’agit pas de passer sous silence, deuil, souffrance et maladie ni de supporter patiemment les misères de ce temps, en prévision d’une vie future dans l’au-delà. Les Béatitudes, c’est la charte de vie des combattants qui luttent et travaillent à faire advenir ce monde de fraternité où personne n’est plus un loup pour l’autre, et d’abord pour soi-même. C’est dans ce sens que le pape François indique la proximité et la culture de la rencontre comme voie à suivre pour redonner de l’espérance à notre monde d’aujourd’hui. (cf. fratelli tuti n°30)

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Toussaint 2020                                                                   Homélie du Père Philippe Parent

Matthieu 5, 1-12)

Soyez les bienvenue à cette journée « Portes Ouvertes » que nous offre l’église. Oui aujourd’hui, c’est  » La journée portes ouvertes de la Sainteté ! La première découverte de ce jour, c’est la sainteté de Dieu et de son fils Jésus Christ. Dieu seul est Saint et puisqu’entre Lui et son Fils circule l’Esprit de Sainteté, en tout ce qu’il touche, il dépose son ADN : quelque chose de sa Sainteté !

La 2e salle ne nous est pas complètement inconnue. C’est la galerie des officiels, les Saints canonisés, dont bien souvent, nous portons les noms, depuis notre baptême. Ils ont été estampillés officiellement !

La 3e salle nous émerveille ! Que de mamans anonymes, qui, sans mesure, ont passé leur vie à servir des autres !

 La 4e salle nous émerveille encore plus ! Des chefs d’entreprise, qui ont pris des risques, jusqu’à ne s’attribuer que de maigres salaires, pour créer et sauvegarder des emplois en période de crise…. et ces personnels soignants au service des réfugiés et dernièrement des grands malades du covid 19. Nous les avions applaudis ; mais nous ne nous attendions pas à les trouver ici !

La 5e salle nous surprend ! Des femmes et des hommes qui auraient bien eu des raisons de désespérer de la vie et qui ont tenus bon  ! Leurs conjoints méchants, leur santé récalcitrante, la crise économique, ne les ont pas abattus !

La 6e salle, nous laisse bouche bée ! il y a là des incroyants, qui ont vécu l’Evangile, sans jamais l’avoir lu ! Il y a là aussi celles et ceux  qu’on pourrait appeler « les rescapés de la sainteté » qui ont rejoint le bon larron de l’Evangile. Ils étaient laissés pour compte, ils ont eu une éducation ratée, il traînait une lourde hérédité et ils ont été sauvés ! Purée de moins, la Toussaint, ce n’est pas petit ! Six salles à découvrir, comme les 6 jours pour la création du  monde : rendons grâce à Dieu.

La sainteté, c’est une question de Bonheur, nous dit Jésus. Il nous faut aujourd’hui, sauver le bonheur ! Pour cela, il nous faut accepter de devenir mortels, car la Sainteté, c’est l’avenir de l’homme. Saint Thérèse de Lisieux disait : « J’ai toujours désiré être une sainte ; mais hélas, j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne, dont le sommet se perd dans les cieux, et le grain de sable obscur foulé aux pieds des passants. » Mais bien loin de se décourager, elle ajoutait :  » Je me suis dit que le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables. Je puis donc, malgré ma petitesse, aspirer à la sainteté. »

Alors, nous aussi, choisissons l’option d’y croire et laissons l’Esprit Saint agir en nous. Dieu qui a manifesté sa Sainteté dans la vie de ces innombrables femmes et hommes, le fera aussi en chacun de nous, si nous nous en remettons à Lui.